C H   A   R   L    E   S      T   R   E    N   E   T
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L E   S O L E I L   A    R E N D E Z - V O U S   A V E C   L A   L U N E

 

19 février 2001 : quelle importance ?

Pour chacun d'entre-nous, le rendez-vous est pris : tôt ou tard, notre soleil a rendez-vous avec la lune.

Celui des poètes, des artistes, des musiciens aussi.

Ils le savent bien, eux qui souvent osent osciller entre ce plein soleil qui menace leurs ailes et les pires, les plus implacables des clairs de lune, où l'Homme, debout dans la lumière noire, est seul.

Charles Trenet fut à la fois solaire et lunaire, merveilleusement, humainement l'un et l'autre : le fou chantant fut tout, sauf fou.

Il fut d'abord un homme, confronté à un siècle : à cet homme, à lui seul, appartiennent  ses joies, ses peines, ses regrets, ses secrets.  Qu'il se repose, enfin, en paix.

Mais Charles Trenet fut aussi un magicien : souvent il m'a rendu le sourire. 

Ce simple sourire, si difficile à conserver, presque impossible, parfois, à retrouver.

Il m'a rendu le sourire en me replantant, chaque fois, dans le sol.  Comme un arbre, déraciné sous le vent de la vie.

Un arbre qui, par la main de l'Homme qui donne, retrouve les quelques choses simples qui comptent plus que tout, qui font sa vie et la lui donnent : la terre, le ciel, et lui-même, les branches en croix dans tout cela, à travers tout cela, vers tout cela.

La terre, le ciel.  La mer.  La Douce France d'avant-guerre, d'après-guerre, de toutes les guerres dont l'Homme, toujours, perdra la dernière.

La grande victoire de Charles Trenet aura été de savoir le dire et le chanter en riant, sans rire, sur des musiques capables de consoler l'inconsolable, de concilier l'inconciliable : la lune et le soleil, dont nos vies sont suspendues aux rendez-vous manqués.

Hier, un air de jazz s'est élevé dans la nuit.

Un oiseau trop rare a battu des ailes sur un rythme de swing, et s'est envolé.

Il était beau.

Son soleil n'en pouvait plus d'attendre mais la lune, cette fois, lui a ouvert les bras.

 



Aux côtés des Mireille, Nohain ou Sablon, Charles Trenet fut et reste l'un des précurseurs de la chanson française telle que nous les connaissons aujourd'hui, telle qu'elle demeure, envers et contre tout : des mots magiques sur des musiques en rythme.

La discographie de Charles Trenet est plus que vaste : immense.  Comment s'y retrouver?

Quatre repères, quatre périodes phares.


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TRENET JAZZ (193X-1945)

Swing Mr Trenet
Jazz Time EMI 251289-2

Trenet « première période » accompagné de pratiquement tous les grands noms du « premier jazz français », dont Django Reinhardt. 

« Les rapports de l'inspiration de Trenet et du jazz sont pour beaucoup dans ce qui fait de l'aimable fou chantant un révolutionnaire de la chanson. »

Le must.

 

 

TRENET 1946-1959

Trenet à la première apogée de sa popularité : il délaisse peu à peu le jazz pour une chanson plus « classique », mais néanmoins fabuleuse.  Beaucoup des grands classiques de Trenet datent de cette époque, déclinée en multiples compils.

 

 

  

TRENET 1970-1975

Après avoir relativement peu enregistré dans les années 60, éclipsé par les vagues yéyé et rock, Trenet rempile au début des 70 avec des chansons aujourd'hui moins connues (hormis Fidèle) mais où sa musique se fait de nouveau plus aventureuse, s'écarte du « son Trenet » des années 50.  Une période inégale mais passionnante, encore là diversement déclinée au fil de multiples compils dont celles ci-dessus.

 

 


Mon coeur s'envole
1992

Fais ta vie
1995

Les poètes descendent dans la rue
1999

TRENET 1990-2000

Trois albums d'inédits, plus de 30 nouvelles chansons essentiellement signées Charles Trenet (paroles et musiques).   Albums plus que courageux : simplement émouvants, parfois brillants, où se retrouve intact, formidablement vivant et une ultime fois réinventé, l'essentiel de ce qui fit de Charles Trenet ce qu'il fut et restera.

Attention : La chanson la plus connue de cette période (Drôles d'idées, 1992) n'en n'est nullement représentative.   Cette chanson aux accents quasi gospel avec choeurs pleins de tics et synthés en toc a hélas fait l'objet d'un clip ultra cheap et d'un malheureux étalage médiatique destiné à accoller une image « jeune » à Trenet.  Un accident à oublier, tenant plus à la forme qu'au fond, tout aussi regrettable mais isolé qu'ont pu l'être Le jour se lève encore ou ( pire! ) Lucy sur le dernier Barbara...

 

 

TOUT TRENET

Intégrale.



© Web Master Zoomrang Février 2001