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G E N E V I E V E
P A R I S Entre le Vert et le Gris |
Entre
le vert et le gris
Circa 1976, Geneviève Paris débarque au Québec directo de France. Avec, avant l'heure, des allures Amélie-Moresmesques. Elle accompagne Julien Clerc, en tournée. Elle a déjà un album à son actif, chez ABLE : succès d'estime, et encore, en France. Inconnue au Québec. Geneviève Paris se plaît à Montréal, à l'époque certainement plus ouverte aux "différences" que ne l'était la douce France d'alors. Elle s'y installera peu à peu. Elle se produit à Montréal, ailleurs, grimpe timidement les hit-parade, se taille même un beau succès avec la superbe Elle est belle : Elle est belle L'audace, d'entrée de jeu, est là. En ces années mi-discoïdes mi-babacool, Geneviève Paris innove avec un discours qui dérange, dénonce, l'air de rien, bien des préjugés. Sa voix, relativement grave, sa gueule, relativement mec, bousculent des certitudes encore bien ancrées. Et voilà, en 1978, elle enregistre à Paris Entre le vert et le gris. Un album magnifique, où le piano prend souvent le pas sur la guitare, pour le meilleur et sans le pire. À l'écriture musicale, Paris, et personne d'autre. Aux textes, Paris également, mais aussi Luc Plamondon, j'allais dire «l'autre», tellement celui d'alors a peu à voir avec l'homme aux lunettes noires d'aujourd'hui. L'alliage est riche, quasi parfait. Les musiques acoustiques, inventives, audacieuses. La voix superbe, puissante, affirmée. Le tout est une merveille, un album rare, vraiment. L'eau, et pas qu'elle, a coulé sous les ponts depuis. Après un troisième album moins convaincant, un quatrième qui laissait croire à une renaissance mais dont le titre, Achevez-moi, voulait tout dire, et enfin, hélas, des opus de plus en plus synthétiques et plastiques, Geneviève Paris a fini par disparaître de la mémoire des Français, et du coeur de bien des Québécois. Celle que, parfois, j'entends aujourd'hui sur les radios, n'a plus rien à voir avec la fille à la guitare noire, qui rongeait son frein dans un coin de la scène pendant que JC chantait J'ai le coeur trop grand pour moi. C'est elle qui l'avait : qu'est-ce qui lui a pris, qu'est-ce ou qui est-ce qui le lui a pris? Qu'elle était belle, à l'aube, les dimanches matins, les cheveux dans le vent qui filait le long de l'avenue et plaquait contre les vitres lisses des banques les papiers sales et la pluie du matin... Que le temps passe : est-il déjà six heures du soir?
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| REQUIEM
POUR UN CHANTEUR DE MÉTRO (Geneviève Paris - Luc Plamondon) Il chantait dans le métro pour gagner sa vie Les passants lui jetaient cent sous sans
s'arrêter Lui il était tout l'temps saoul ou bien
pire que ça Il chantait du Dylan ou bien du Donovan Et on le prenait pour un fou avec son air
de dire Il avait quelques fans quelque peu
mélomanes Et on le prenait pour un fou avec son air
de dire Il s'est jeté sous l'métro avec sa
guitare
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UN
DIMANCHE MATIN (Geneviève Paris) Le vent
file le long de l'avenue C'est l'heure d'ouverture des églises J'ai du mal à marcher droit J'ai la tête qui tourne tourne Le vent file le long de l'avenue © 1978 |

ENTRE LE VERT ET LE GRIS
Geneviève Paris
Kébec Disc - Vinyle : KD 941 - CD : Non
1978
Requiem pour un chanteur de métro |
La tête dans les îles |