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J  O   A   N      O   S   B   O   R   N   E

R I G H T E O U S     L O V E

S h o t  -  G u n

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The storms are raging on the rollin' sea
And on the Highway of Regret
The winds of change are blowing wild and free
You ain't seen nothing like me yet


Le beat des GoGo's période We Got the Beat, la fausse légèreté et l'électricité des B'52's période Private Idaho-Mesopotamia, la puissance et la trompeuse simplicité mélodique d'une Bonie Tyler période Faster Than The Speed of Night, la wave-rock-pop tendresse d'une Kim Carnes période Voyeur, tant et tant d'autres choses mais surtout, en sus de l'intelligence et de la sensibilité musicalo-texto-vocales de Joan Osborne, cet indéfinissable quelque chose en plus qui fait de Righteous Love un album irrésistible. Voilà. Que dire de plus?

Que Safety in Numbers est une chanson fabuleuse sur la déshumanisation galoppante d'une certaine société américaine et sur sa charmante rejetonne aux crocs accérés : la paranoïa.

There is safety in numbers
And people and faces
And in big wads of money
And great big platinum rings
And no one will ever get near me again
There is safety in numbers
In numbers
My friend


Que, sous des airs faussement légers, Grand Illusion est une immense chanson politique.

Que Baby Love est à se damner de pop bonheur.

Que Poison Apples est à pleurer de tendresse.

Like a needle going in
Into the shining city skin
I recall the moment
You ruined me for other men

Qu'à sa suite, Make You Feel My Love, titre méconnu de Bob Dylan (1997), laisse sans voix.

Qu'aucune chanson de Righteous Love n'est à jeter ni zapper, que toutes sont à découvrir, à apprivoiser sans pour autant jouer les farouches.

Qu'il ne faut pas, pour une fois, confondre pop-rock hyper-vitaminée et cerveau anémié.

Que ça bétonne de partout, de guitares en cuivres en passant par des claviers et des percus qui font ce qu'ils ont à faire, entre sourires et dents dehors, et parfois tout l'un tout l'autre. 

Que « ça passe » à 101 %, par la gorge, le ventre, les tripes.

Qu'à l'instar de Relish, mais tout autrement, Righteous Love ne comporte pas un temps mort, que ça vit comme c'est pas permis.

Qu'Osborne, quand elle le fait, écrit à merveille.

Que quand elle laisse la plume à d'autres, elle ne chante pas n'importe qui ou quoi, et surtout pas n'importe comment.

Que la voix de Joan s'est enrichie d'une infinité de couleurs, que Relish était un arc-en-ciel, que Righteous Love est est un autre, double voire triple.

Que la où Relish prolongeait les 60/70 américaines, Righteous réussit le prodige de renouer avec le très bref filon de la pop américaine du tout début des 80, vraiment du tout début, stoppé net par l'incompréhensible déferlante des Material Girls and Boys et la yankee et assassine récupération  sans lendemain des fleurs de la new wave anglaise.

Oui, on pense à une Kate Pierson qui se serait siamoisée à Cyndi Wilson, à une Kim Carnes qui aurait enfin échappé à l'orbite des orbites de Betty Davis, à une Bonnie Tyler qui aurait jeté ses bagouses aux orties et ses faux ongles aux entertaineuses endimanchées, à un Dylan qui se serait foutu la voix à poil et les doigts dans la prise-tendresse, à une Donna Summer qui aurait osé wanderer plutôt que de travailler pour the money, aux Beatles de Sgt Pepper et aux Stones de Miss You qui se seraient, un peu trop loin dans le temps, superbement enlacés l'espace d'un instant.

Mais au bout du compte, au bout du disque, on ne pense plus qu'à Joan Osbourne, en bien, en plus que bien, avec le plus grand respect et une délectation rare.

Righteous Love a beau regarder le monde en plus que face, cet album respire le bonheur. Il l'insipre.  L'inspire et l'expire.

À écouter à fond, pour un inoubliable shot-gun dans les oreilles.


© Web Master Zoomrang Nov 2000


R I G H T E O U S    L O V E

(PAROLES INCLUSES)

Running Out of Time
Righteous Love
Safety In Numbers
Love is Alive
Angel Face
Grand Illusion
If I Was Your Man
Baby Love
Hurricane
Poison Apples
Make You Feel My Love

 

J   O  A  N     O   S   B   O   R   N   E