
What if God was one of us
Just a slob like one of us
Just a stranger on the bus
Trying to make his way home
Just a holy rolling stone
Relish... J'aime cet album. Les
années ont passé, et je l'aime toujours autant, même plus qu'avant, pas si courant pour
une production des 90 formatées.Pourquoi?
Bien sûr, il y a One of Us, le tube, par lequel
comme un peu tout le monde en Amérique, et dans une mesure nettement moindre en Europe,
j'ai connu Joan Osborne.
Je me souviens de ce matin où, pour une fois, j'ai monté
le son de la radio : « What If God was one of us... »
Pour la mélodie d'abord puis pour la voix puis pour les
arrangements et puis... ô surprise, pour le texte. Pour ce qui « disait » cette
chanson : pas si courant pour une chanson américaine couplée à une mélodie
irrésistible.
« Et si Dieu était l'un de nous, juste un nobody comme
l'un de nous, juste un étranger dans le bus, qui veut seulement rentrer chez lui... Comme
un rolling stone sacré... »
En quelques mots de rien, baisée nette l'Amérique noyée
dans ses bondieuseries pour débiles, et ressuscitée une autre idée d'un sens possible
de la vie. D'un sens relativisé, ramené à la vie elle-même, à ce qu'elle est :
d'abord ceux qui la vivent et quelque part, si l'on veut, si on le désire, si on le
souhaite librement, peut-être une idée de Dieu.
C'est ainsi que j'ai mis la patte sur Relish,
vaguement septique, m'attendant à découvrir, greffée à One of Us, une suite
essentiellement composée de chansons sans intérêt. Pas tant dans le registre Baby
I Want You, I Need You, Come Home Darling, non, mais dans le registre où donnaient
alors alors trop souvent les Suzane Vega et Tracy Chapman: de beaux textes, un réel
effort dans l'interprétation, mais des arrangements souvent monocolores et des mélodies
franchement pas toujours inspirées.
Erreur : Relish m'est apparu d'une diversité
rare, mélodiquement, rythmiquement et instrumentalement, couplée en prime à une superbe
unicité.
Une unicité qui tient à peu de choses, pourtant si
importantes : de bons textes de bout en bout, des mélodies béton de bout en bout, un
vrai beat ominiprésent, et par-dessus tout, une âme : celle de Joan
Osborne, non pas unique leitmotiv de l'ensemble, mais porte-parole du tout par un réel
don d'écriture et une voix, ô exception, « subtile ».
Guitare, piano électrique, percussions classiques sans
concessions aux tchiques-tchiques, harmonica, voix, rarissimes synthétiseurs, uniquement
quand il le faut et jamais trop, voilà : un univers riche et personnel, subtilement et
humblement dessiné, du début à la fin d'un album dont le temps a depuis su montrer le
classicisme.
Un album phare et méconnu des 90 américaines, qui ne
renie ni ne copie les lumineuses 60 et 70 yankee. Relish s'inscrit
simplement, comme il se doit, dans la suite de celles-ci. Dans la continuation d'un
filon prématurément abandonné au fil des 80/90 au profit d'une nouveauté à tout
prix... plus qu'en solde depuis.
© Web Master Zoomrang Nov 2000
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