N    I   A   G   A   R    A      /      L   A      V   É   R   I   T    É

U   L    T   R   A   V   I   S    I   O   N

 

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

 

Dans le grand labyrinthe où je cherchais ma vie
Volant de feux en flammes comme un grand oiseau ivre
Parmi les dieux déchus et les pauvres amis
Je cherchais le vertige en apprenant à vivre

 

C'était l'été, l'amour à la plage sous le ciel azur, teinté déjà du bleu des derniers baisers.

 

Si le ciel ne me tombe pas sur la tête
Si la lune a comme un air de fête
Si la neige ne fond pas au printemps
Alors j'aurai peut-être le temps

 

L'été, la mort à la page, le temps de l'amour déjà compté.
Le ciel s'est déchiré.
Pluie.


J'ai cheminé souvent les genoux sur la terre
Le regard égaré embrouillé par les larmes
Souvent par lassitude quelquefois par prière
Comme un enfant malade envoûté par un charme

 

C'était l'hiver, sous le soleil toujours.
D'un ciel tombé sur la tête.

 

Elle voulait toucher le soleil
Rien ne sera pareil
Mes larmes s'emmêlent

 

C'était l'hiver, déjà.
Le ciel s'est déchiré.
Neige.

 

Je cheminais toujours les genoux sur la terre
Le regard égaré embrouillé par les larmes
Souvent par lassitude quelquefois par prière
Comme un enfant rebelle qui dépose les armes

 

C'était l'été, l'hiver, la vie comme la mort à péage.
Déposer les armes ou les prendre.
Payer le prix ou l'y mettre.

 

Pendant que les champs brûlent
J'attends que mes larmes viennent
Et quand la plaine ondule
Que jamais rien ne m'atteigne

 

L'été, l'hiver, le froid comme la chaleur brûlant d'un même feu,
dévorant des même flammes.

Comme la peur.  Comme la rage.

Le ciel s'est déchiré.
Ô rage.
Orage.

 

Mais un matin tranquille
J'ai vu le Minotaure
Qui me jetait regard
Comme l'on jette un sort

 

Le sort en était jeté.

Il y avait eu la pluie, il y avait eu la neige, il y avait eu l'orage,
il y aurait pire que tout, mieux que tout : tout.

Le Niagara.

 

 

 

 

Ainsi sonna l'heure de la chute comme des chutes.

Celle du grand écart.

L'heure de la Vérité.

 

C'est enfin l'instant de mon heure
Et voici le temps de la douleur

 

On n'avait pas compris : on ne comprit pas davantage.
Que c'était l'heure du saut de l'ange.

 

Sur le bord du cratère
Je pense à l'univers

 

On s'était bouché les oreilles, blindé le coeur : on ferma la yeux.

C'en était trop.

 

Que le destin m'arrache
Des hommes qui sont lâches

 

On n'avait pas voulu voir.
On ne voulut voir ni la suite ni la fin.
Celle des étoiles est insupportable.

 

Ça fait bien longtemps
Que j'attends de rattraper le vent
D'être au coeur de l'éternité
Plus d'un million d'années

 

« Non ! », cria-ton.

Bien bas.

Trop tard.

L'ange s'était envolé, plongeait  vers son destin.

 

 

 

 

Le temps d'un éclair il les vit, les reconnut tout en bas :
ses larmes enfin venues,
de pluie, de neige comme  d'orages mêlées,
que rien n'avait pu tarir,
ni les mots,
ni la musique,
ni même la religion née de leurs baisers.

 

Elles coulaient enfin libres,
à torrent,
là,
tourbillonnantes,
tout autour de lui,
leur écume faisant à ses ailes l'ultime amour.

Le seul qui pour les anges vaille de se damner.

 

Te souviens-tu des jours heureux
Avant le moment des adieux
Je me demande quand je m'en irai
Pour qui sera ma dernière pensée

 

Il n'y eut pas de choc :
qu'un air de guitares,  électrisées de joie.

 

Au fil de l'eau rien ne vient troubler mon attente
Dans le reflet des heures absentes
Retrouver la joie innocente
Des jours de grande pluie

 

 

chjerev.gif (5828 octets)

 

 

Le soir tomba sur Niagara.

Puis le silence.

Puis la lune se leva.

Sur les sapins.

Puis le vent entre leurs branches.

Et enfin une mélodie.

Une chanson, simplement.

 

Elle ne craint plus rien ni personne
Alors que dehors minuit résonne
Dans l'ébène des ténèbres
Où seules brillent les étincelles
Du sapin qui dans le noir célèbre
La joie de retrouver sa fête éternelle
Doucement quand le silence recouvre les voix
Une voix parfois lui dit

Je serai là

Près de la fenêtre bleue
Se dresse l'arbre silencieux
Plongeant dans la rêverie ancestrale
Car il sait que dans l'ombre
Il se change
En étoile

 

 

Dans le grand labyrinthe de soleils en soleils
Volant vers la lumière comme deux oiseaux ivres
Parmi les nouveaux dieux et les nouveaux amis
On a mêlé nos vies
Et réappris à vivre

 

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

 


NIAGARA / LA VÉRITÉ (1992)

Je suis de retour / C'est maintenant / La fin des étoiles
Le Minotaure / Plus belle qu'une femme / Un million d'années / Le prochain paiera pour les autres
De la victoire / Je n'oublierai jamais / Aux coeurs blessés / Ma dernière pensée / Ultravision
Les sapins

Citation : Niagara / La vérité -- Barbara / Le Minotaure (François Wertheimer / Barbara - 1973)

 

N   I   A   G   A    R   A 
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