Dommage
: l'une des plus belles voix de la chanson française doublée de l'une des auteurs-compositeurs-interprètes
les plus originales du « rock français » a choisi de se taire avec Required
Elements, successeur attendu de son étonnant premier album solo, Seule (bientôt
chroniqué ici).
Comme si ce
n'était pas assez, Moreno la boucle en anglais. Album techno strictement
instrumental, Required Elements, visiblement destiné au marché mondial,
n'affiche que des titres en « langue internationale », crédits à l'avenant.
Bon ou pas, Required
Elements? Bof, allez, bon, très bon même, French Touch et tout ce
que vous voulez, mais sans les mots ni la voix de Moreno, sans, bref, ces required
elements, ces éléments essentiels qui font de Moreno, quoi qu'elle-même puisse en
penser, ce qu'elle est : une grande artiste, mésestimée et méconnue.
Required
Elements permettra-t-il à Moreno d'acquérir une renommée planétaire à défaut de
la place qu'elle mérite dans le paysage musical francophone? Le pari est risqué,
et n'en vaut sans doute pas la chandelle.
Les mots, la
voix de Muriel Moreno : qu'il aurait été bon et doux de les entendre à nouveau,
ne serait-ce que sur Plastic Jesus, sans conteste la plus belle pièce de Required
Elements. Entre les notes et les cordes de cette balade classico-techno
particulièrement inspirée, l'espace sonore semble à ce point prêt à les accueillir
qu'on les sent là, tout près, prêts à surgir, ne serait-ce qu'un instant : non, pas
cette fois.
La prochaine fois
peut-être... mais reste que, moi qui suis relativement et bêtement insensible à la
musique strictement instrumentale hors classique, ça fait bien quinze
fois que je me repasse en boucle Required Elements. C'est quoi ces gouttes
sur le clavier? Le plafond fuit ou quoi?
Muriel, même
sans un mot, t'es belle dans tous les sens du mot.
Je m'incline, et
je me tais.

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