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MÉTRONOMIE
1972

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

Il est parti, le grand, le pas très beau pour ceux qui regardent avec les yeux.

Il est parti loin, loin de La vie chez les automobiles, titre de l'un de ses ultimes albums, autoproduit.

Il est parti, peut-être sans savoir que nous étions nombreux à l'écouter encore, à le comprendre encore, à le suivre encore, dans le plein sens du mot.

Il avait, depuis longtemps, raccroché le téléfon, remballé les cornichons, pour emprunter les chemins de traverse. Comme un Homme, dans le seul sens du mot.

Ses mains, tendues, je m'y suis agrippé souvent.  J'ai, simplement, bêtement, négligé d'aller lui serrer la pince en 3D.   On se dit qu'il ne faut pas le faire, que cela ne se fait pas, qu'on ne saura pas quoi dire.  Comme si les gens qui gravent leur coeur sur disque étaient des Martiens.  Quelle bêtise.

Alors, comme un imbécile, je vais parler tout seul de Métronomie.  Trop tard.

Après avoir cartonné dans les hit-parade des années 60 et séduit tout ce que Paris comptait alors de faiseurs d'idoles, Nino Ferrer leur a balancé à la gueule en 72 un album dont ils ne se sont pas remis.  C'est ça, Métronomie.

Un album qui prend la musique à bras le corps et la prend surtout pour ce qu'elle est : «La musique c'est tellement beau, ça vibre, ça te déchire les fibres, ça te fait sentir libre, c'est comme être amoureux».   Voilà ce qu'il chantait, en 1982.

On ne connaît souvent de cet album qu'une seule pièce : La maison près de la fontaine. Comment, pourquoi s'en étonner?  Cette chanson, perdue en face B, se voulait je crois une clé, celle d'une autre maison, formidablement audacieuse, par son architecture comme par son âme.   Mais les faiseurs d'idoles se risquent rarement dans les maisons dont on leur tend la clé.  Agents immobiliers de la chanson, ils trimbalent les «acheteurs» de façades en façades.

Qu'ils se rassurent :


La maison près des HLM
A fait place à l'usine et au supermarché
Les arbres ont disparu
Et ça sent l'hydrogène sulfuré
L'essence
La guerre
La société


Allez, infiniment merci Rock'n Roll Cow-Boy, et à toi le mot de la fin.


Il faut que toutes les musiques et toutes les opinions
Puissent se faire entendre
Même si l'indice d'écoute est à zéro
Il faut que ce soit nous
Qui puissions faire le choix
Sinon nous ne sommes pas libres
Sinon ce que l'on nous impose
Est un produit quelconque
Par des industriels
Qui font du marketing

Ils n'aiment pas la musique
Ils n'y comprennent rien
Tout ce qu'ils aiment bien
C'est ce qu'ils reconnaissent...
Si depuis qu'on est mômes
On n'entend que de la soupe
On ne voit que de la merde
On devient vite des cons.

(Nino Ferrer / A. Lecocq, Éditions Paul Beuscher © 1982)

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 


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Métronomie
Nino Ferrer
Intégrale sur le double CD On dirait le Sud (Barclay 835-1470-2)
Barclay
1972

Métronomie
Les enfants de la patrie
Métronomie II
Cannabis
La maison près de la fontaine
Isabelle
Freak
Pour oublier qu'on s'est aimé
s

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