


TOI DU MONDE
Toute ta mort en découle

Quiconque a vu Maurane sur
scène se demande si elle n'est pas tombée du ciel.
Sans tomber dans l'emphase, ses dons, confortés par un travail appliqué, ont quelque
chose de divin.
En effet, combien de chanteuses à voix savent-elles manier les émotions jusqu'à vous
installer dans cet état trouble entre sourires et larmes ?
Combien de chanteurs tout court savent-ils vous transporter jusqu'à un véritable
ailleurs ?
Bien peu en réalité, et Maurane en fait assurément partie.
Tombée du ciel
Mais Maurane est extraordinaire lorsqu'elle est terrestre, si belle grâce au florilège
de ses forces et fragilités extrêmes.
Et Maurane, au Toi du monde, est belle pour sûr mais semble toujours un peu loin
de la vie terrestre.
Pourtant, cet album est loin d'être dépourvu de qualités : la sobriété fait que
l'exotisme n'est jamais de pacotille, que le jazzy n'est jamais de mauvais goût, que les
ballades et chansons lentes sonnent bien.
Reste qu'on peut regretter que plusieurs compositions soient peu mélodiques
Reste que l'on n'a pas toujours l'humeur à la mélodie
Qu'il y a des moments graves
où l'on souhaite, un peu flouté et sans laisser des cailloux de Petit Poucet, atteindre
le toit du monde juste pour voir, rien qu'une seconde encore, ceux qui nous ont quittés.
Reste que Maurane est profondément attachante, que son écriture l'est aussi.
Reste qu'elle chante merveilleusement bien.
Reste que Avoir à Anvers un endroit, L'amie, Jean-Philibbert, La chanson de la
pluie
sont de bien beaux titres.
Reste que les autres chansons imposent indéniablement leurs atmosphères.
Reste que L'homme qui m'a le plus manqué est un chef d'uvre, qui
transcende le très mauvais coup du sort par lequel on apprend le never more : quand on
tombe à ce point de l'Eden, il faut une uvre d'Art pour, lentement, poser un regard
plus doux sur l'absolue mauvaiseté du départ définitif.
Définitif?
L'homme qui m'a
le plus manqué
Ce matin, s'est envolé
On dit qu'il n'a pas souffert
Moi, je suis toute à refaire
À recoudre, à réparer
Toute ta vie, tu refoules
Toute ta mort en découle
La raison, le refus
Comment distingue-t-on la question qui tue
Quand elle tue pour de bon ?
Reste que ?
Avoir la musique au moins pour faire le plein d'amour car ci-gissent nos destins, c'est
déjà presque un tout, dont Maurane s'approche toujours plus.


TOI DU MONDE
AOÛT 2000 |
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Pour les âmes, pour les
hommes
(Maurane / Jean Dindinaud, Tomas Gubitsch,
Nicolas Repac)
Qui à part nous
(Francis Cabrel)
Bleue
(Maurane, Daria de Martynoff / Jean
Dindinaud, Tomas Gubitsch, Nicolas Repac)
Il neige des e-mails
(Maurane / Maurane, Jean Dindinaud,
Tomas Gubitsch, Nicolas Repac)
Avoir à Anvers un endroit
(Philippe Coll / Jean Dindinaud, Tomas
Gubitsch, Nicolas Repac)
Légende indienne
(Maurane / Maurane, Jean Dindinaud,
Tomas Gubitsch, Nicolas Repac)
Barbares attraits
(Brigitte Fontaine / Maurane, Jean
Dindinaud, Tomas Gubitsch, Nicolas Repac)
Schaerbeeck beach (Interlude)
(Maurane / Vocals : Maurane (bercée
par ses amis de toujours
)
L'amie
(Maurane / Maurane, Jean Dindinaud,
Tomas Gubitsch, Nicolas Repac)
Jean-Philibbert
(Maurane)
La chanson de la pluie
(Jean-Claude Vannier)
Toi du monde
(Élisabeth Anaïs / Sylvain Luc &
Maïdi Roth)
Modus vivendi
(Daria de Martynoff / Jean Dindinaud,
Tomas Gubitsch, Nicolas Repac)
Invisible
(Maurane / Maurane, Jean Dindinaud,
Tomas Gubitsch, Nicolas Repac)
L'homme qui m'a le plus manqué
(Maurane)
Triptyque pour cordes
(Guy-Philippe Luypaerts)

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