

Petit album, joli, gentil ...
Combien de fois par les
nuits dhiver mes doigts se sont-ils posés sur toi?
Aussi souvent probablement
que tant d'autres t'ont dédaigné dans les présentoirs des disquaires, insensibles aux
fleurs que tu leurs tendais de tes mains en étoile.
Petit album joli gentil,
cest lhiver.
Mon vieux chien ne verra
pas le printemps.
Déjà, il ny voit plus guère.
Il ne verra pas le printemps mais grâce à toi il lentendra.
Je lai trouvé tout à lheure dans la cour, aboyant à la lune alors
quil ny en na pas ce soir.
Doucement, je lai guidé vers la porte de sa maison qui est la mienne.
Il sest couché devant la cheminée, regardant danser les escarbilles : ses
dernières étoiles.
Jai éteint la lumière, il ny avait plus que lui, le feu, et moi. Et
toi.
Moustaches frissonnantes, il sest laissé bercer.
Par le feu.
Par la musique.
Par les deux.
Par les dieux.
Sous un parapluie...
Ces pleurs que tu pleures...
Lété arrive...
Pourquoi les filles...
Colorants...
Jai vu à Bahia...
Caméra...
Puis vint La nuit.
Il a ouvert les yeux.
La nuit
Vu dun avion cest si joli
Et la banlieue qui nen finit
Pas à lhorizon se confond
Dans le bleu de la nuit
Vu dun avion cest si joli
Plus de frontières plus de pays
Juste le temps qui fait sa vie
Là- haut dans les étoiles
On dansait quand il faisait beau
Dans les salons près du phono
Juste le souci du tempo
On disait le ciel est si bleu
Ça cest un ciel pour être heureux
Ça cest un ciel pour être heureux
Petit album joli gentil, je ne sais pas quand mon vieux chien sest envolé :
quelque part au cur de toi.
J'ai laissé le feu mourir.
Pourquoi le ranimer?
Il faut, parfois, simplement savoir aller dormir.
Petit album, joli gentil...
Mon vieux chien ne verra
pas le printemps.
Il le vivra.
Et cela seul est important.


LILICUB
La Grande Vacance
1998
Sous un parapluie / Ces
pleurs que tu pleures
L'été arrive / Colorants / Pourquoi les filles
J'ai vu à Bahia / Caméra
La nuit
Scenic Railway / Ivo Livi / Tu ne dis rien
Des gammes / Fleur de gramophone
Quand est-ce que ça commence |
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Lilicub?
Oubliez le Voyage
en Italie, classique tube d'un été qui tue mais qui pour une fois, heureusement,
rata son coup. Essentiellement passé à la trappe de l'audimat pour cause de non
tube d'été bis, le second album de Lilicub, La grande vacance, est un album
rare, presque un secret : savoir chanter le bonheur sans occulter la part de malheur dont
il naît est tout un art, ici consommé.
Textes charmants,
faussement naïfs, souvent très tendres et beaux. Mélodies à la fois classiques et
inventives, qui partent en tous sens et mènent partout sur les ailes d'arrangements
lumineux. Plus qu'un album magnifique et méconnu : un album généreux,
empreint d'une sérénité partagée sans compter.


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