TWELVE DEADLY CYNS...  AND THEN SOME
LIKE A RAINBOW ( PORTRAIT / INTRO )

 

En 1983, mèches rousses décoiffées au pétard, Cyndi Lauper mit le feu aux charts du monde entier, et les dynamita.

À la croisée du punk, du rock et de la pop, elle enchaîna des hits d’une énergie peu commune mais aussi d’une poésie décalée, plutôt rare dans les tubes Made in US de l’époque.

Les filles voulaient juste s’amuser?   À l’heure où les vidéos clips commençaient à exploser, Cyndi Lauper leur en donna l’occasion dans un délire de couleurs, de sons, de scénarios inventifs et ludiques.

Sa voix singulière se posa aussi sur des ballades rock mélancoliques, prouvant ainsi que la variété peut s’exercer noblement, qualitativement… Tant et si bien que Miles Davis lui-même adapta le Time after Time de l’apparemment punky-funky pop star.

Le succès du premier album fut gigantesque, celui du second important, mais moindre.

True Colours, déjà, déconcerta, avec une Lauper déterminée à faire crépiter ses étincelles en autre chose qu’en feux d’artifices, par nature feux de paille.

Faire ensuite demi-tour, revenir à la croisée des chemins pour reprendre la Route Soixante-Hits ?

Pas question : fin des 80s, avec A Night to Remember, Lauper mit le pied au plancher, drivant all night, tentant de laisser derrière elle cette image de Betty Boop qui lui collait à la peau.

Clin d’oeil du destin ? C’est comme par hasard loin de chez elle, en France, que ce troisième album explosa, pendait que sa carrière américaine continuait plus ou moins à imploser.

S’arrêter, stopper net ?

Lauper y songea, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle vieillissait, et que c’était merveilleux. Dès lors, les sempiternelles comparaisons avec Madonna cessèrent : tandis que la Madone des charts flairait les tendances avec talent et s’en nourrissait, Lauper se mit à créer réellement, à laisser libre cours à son intériorité.

À vendre encore moins, mais à revendiquer sans cesse plus son goût de l’Art.

Michel Berger fut le détonateur de cette nouvelle respiration, en contactant Lauper pour le bien piètre Tycoon, adaptation de Starmania à destination du marché anglophone, qui ne devait finalement sortir qu’en France.

Seules chansons honorables de l’opus, les versions Lauper du Monde est stone et des Uns contre les autres.   Lauper n’avait accepté de les adapter qu’à la condition de les réaliser et de les produire elle-même : elle les recréa, se les réappropria.

Dès lors, elle ne dévia plus de sa voie, et le « je » put enfin être le début du tout.

Lauper chanta ses propres mots, simples et beaux comme ceux du blues, refusant la plupart du temps l’évidence musicale, traquant le son différent, l’arrangement étonnant.

Ex-femme des Eighties, l’idole qui voulait simplement s’amuser continue depuis à le faire.

Mais à sa manière, sous ses vraies couleurs.

Shining through…


benjasign.jpg (13895 octets)

 

CYNDI LAUPER
TWELVE DEADLY CYNS... AND THEN SOME
1994

I'm gonna be strong
Girls just want to have fun
Money changes everything
Time after time
She bop
All through the night
Change of heart
True colors
What's going on
I drove all night
The world is stone
Who let in the rain
That's what I think
Sally's pigeons
Hey now (Girls just want to have fun)
Come on home

 


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