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JOHAN
Qu'est-ce
qu'on a fait de nos vies Johan
Si dommages il y a en cette année 81, c'est devant qu'ils sont à redouter. Non derrière qu'ils sont à colmater. Certes, des années CBS, tout ne fut pas parfait mais... la perfection existe-t-elle? Les années CBS de Catherine Lara, dans l'ensemble, la frôlèrent, si rarissime cela soit-il : certainement rien n'est à regretter. Sinon CBS France elle-même, digne maison de disques des 70, plus que l'ombre d'elle-même en cette sinistre aube des 80 mais qui permit à Catherine d'enregistrer, en un peu plus de huit ans, huit albums qui furent et restent tous, tant pis pour les virgules et les vétilles, de formidables pieds de nez à tout ce que n'étaient ni la musique ni la chanson. N'étaient, et ne sont d'ailleurs pas, quoi qu'on en dise, quoi qu'on ait voulu et persiste à vouloir prétendre...inculquer... Catherine Lara quitte donc, en 1981, un navire en perdition pour celui qui se révélera être plus souvent qu'à son tour celui de sa perdition : Trema. L'alors étiquette, pour ne citer qu'un nom, de Michel Sardou. Quelle drrrrrrrôle d'idée... Catherine souhaite-t-elle donc qu'on l'appelle Venise? Non : Catherine, tout simplement, pour un instant du moins, et l'on peut difficilement le lui reprocher. Comment reprocher à quelque artiste que ce soit de vouloir être soi-même, d'avoir envie, après avoir chanté tant d'univers, oniriques mais autres, de parler plus simplement... allez, « simplement », du sien... de soi ? En l'osant, en se chantant pudiquement à travers Johan sous la plume de Pierre Grosz, Catherine Lara dit beaucoup avec ce premier album Trema. Ensuite seulement en dira-t-elle, en fera-t-elle, trop. Mais pour l'heure non, ce n'est pas encore trop mais tout nouveau tout beau, et le public, le cher et si bon public, se rue enfin à l'abordage du navire Lara. C'est le carton. Tant pis si les piliers du Bistrot ivre restent au port ou hésitent : le bateau Lara fait enfin le plein et met les voiles.... Sans eux? La croisière est agréable, il est 5 heures du soir au mois d'août, c'est exactement rose, Johan fait craquer tout le navire et tant pis si, parfois, c'est plus tape-à-l'oeil qu'à l'oreille ou aux tripes. Tant pis, tambien, si la capitaine se la joue un peu, archet en mains, en interrompant tous les soirs le bal pour balancer Dans mon violon :
Allez qu'importe, vogue, file, fly le galion de l'autre côté des vieux murs, la croisière s'amuse, loin du Nil certes mais... les temps n'ont-ils pas changé? Que diable moussaillons, faut vivre avec son temps, et puis... qui que quoi pourrait donc stopper dans sa course la galère de l'encore grande Catherine, lancée pour l'heure en toute noblesse à l'assaut des hits -parades? Bien des choses. Et d'abord et
avant tout... elle-même.
( Ballade pour une boussole - D. Boublil / C. Lara - 1977 )
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