
Comme avant, dès les premiers accords de Jeu de société, le vent se lève. Et l'on croit, comme avant, quil va tout emporter, nous emporter. Mais il sapaise soudain, se couche. Envolée l'envolée.
Aux arrangements, Michel Bernholc fait ce qu'il peut pour réinventer une Lara qui, cette fois hélas, ne réinvente pas la roue... Concession au grand jeu de société? La musique de Catherine se fait en effet deci delà plus évidente, plus prévisible, plus La pochette, signée de lalors très en vogue David Hamilton, en dit long. Nous sommes en 1976 et, tiens tiens, Jeux de société ne va pas sans rappeler un autre album de cette même année : Vancouver, de Véronique Sanson, lui aussi arrangé par Michel Bernholc. En cette seconde moitié des années 70, Catherine Lara donne comme Sanson, mais par moments seulement (Le souffleur de rêves, grandiloquente Île promise, pénible La hora...), limage dun fauve soudain tombé dans les pattes de dompteurs eux-mêmes domptés... Pour la première fois en effet, le miroir Lara, qui donnait librement à voir lautre côté de son rêve, se lézarde, se ternit. L'album précédent, Nil, avait c'est vrai reçu un accueil pour le moins mitigé, de la critique comme du public. Les quelques concessions au goût du jour de Jeux de société sont-elles destinées à attirer à Lara les faveurs de quelques-uns? En cette année 1976, seul lavenir peut encore le dire. Restent malgré tout l'idée même de ce Jeux de société, la belle mais non mièvre simplicité Sensuelle et Si tu penses, reste un ultime titre Lara/Lacaux qui n'aurait pas démérité sur Nil... et reste surtout, surtout, tout au bout de la face A, une immense chanson. Oubliée.
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