
LA CRAIE
DANS L'ENCRIER
1974
Et quelque chose, dès l'intro, bascule, pareil à ces barrières ferroviaires qui se lèvent et s'ouvrent sur tous les possibles. En cette année 1974, la route est là, devant, ouverte, infinie, et la Grande Catherine appuie sur l'accélérateur. Du Square des Innocents aux plus inattendus des arrière-paysages, elle fonce. J'ai 15 ans, j'aime ce blanc, craie dans l'encrier, bien sûr, mais neige aussi, très loin, dans le Nord de l'Amérique, j'imagine la route, balayée par la neige, ouverte, encore ouverte, je suis bien, rouler dans la tempête, fendre les vents contraires, la nuit qui tombe, tout simplement magique, encore, en ce temps-là. Une lueur dans la nuit, mon coeur bat rock, oui mais demain à qui dirai-je... tout ça? Un manoir, pied à terre, traverser la cour sous la rafale, rêver à l'abri, pousser la porte, entrer, droit devant, une porte, une autre, ouverte, encore, se perdre dans les dédales d'une musique autre, enfin, monter, descendre encore, à gauche, à droite, des marches, plus bas, plus bas, encore, une porte, de l'eau, enfin : le Nil.
Le Square
des Innocents |