
AD LIBITUM
1972
Qu'est-ce qu'il était, qu'est-ce qu'il est lumineux ce noir qui cerne ce nom magnifique. Qu'est-ce qu'elle est belle, belle, cette musique qui s'élève de ces doigts qui s'écrasent sur le clavier. Tous les doigts, sans doute. D'un coup. C'est le tonnerre d'une vie qui éclate, nous sommes en 1972. Et la musique, vraiment, s'arrête sur l'homme que je ne suis pas encore. Je le voyais depuis quelques temps, ce vinyle, mystérieux, dans un coin chez le disquaire. Je n'osais pas : «Qu'est-ce que c'est?» J'ai osé : j'ai explosé. De bonheur. De musique. Oui : une extrême sensibilité, c'est de cela qu'il s'agit. Dans les mots, les accords, la voix, les arrangements. Daniel Boublil, à la plume, invente, de texte en texte, ad libitum. Jean Musy, aux arrangements, habille la musique pour la montrer comme toujours elle devrait être : nue. Quant à Catherine Lara, que dire? Elle se fait là l'instrument d'une magie rare. Seule l'étiquette plaquée au centre du vinyle résiste à l'aventure : toutes les autres volent en éclats. La musique, ici, n'est plus que ce qu'elle est : sans frontières, infinie.
Ad libitum
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