M A R I E   L A F O R E T    1 9 7 3

LES PREMIERES AVENTURES

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DE
MARIE-TROTTOIR

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ET DE
SON PROXÉNÈTE


ÉCRIVEZ À L'AUTEUR

 

Effarant constat : de la beauté des chants de Marie Laforêt ne restait rien.

Il n’y avait encore que deux ans, les textes et les mélodies étaient sensibles, la voix était juste, dénuée de ces tics étirés comme un visage grimaçant.

Pourquoi ce rideau tombé, ce voile ?

Peut-être parce que l’ennui, justement, est un voile qui, tel un dépôt de cendres, occulte la vérité des choses… Parce qu’il est un rideau qui rhabille une intimité offerte.

Les raisons les plus véritables n’appartiennent évidemment qu’à la femme.

Mais sans doute les moindres ventes de ses vibrations traditionnelles, à la fois personnelles et universelles, firent qu’elle se découragea …

... Que, constatant qu’on voulait que Marie Laforêt soit celle et uniquement celle que l’on attendait et désirait, elle se piqua d’être à la fois le Dr Frankenstein et sa créature …

... Qu'ainsi, elle se servit de la poupée « Zyeux-d’or » avec ludisme, mais aussi cynisme : Maïtena Doumenach devint, de son propre aveu, « le proxénète de Marie Laforêt ».

Fausse schizophrène mais femme-artiste lasse et renonçante, elle commit un album, le premier d’une série, pure variétés 70’s, au mauvais sens du terme : les plages musicales se firent déserts à l’aridité redoutable.

Mirages miraculeux, au hasard des passes, la combinaison de l’efficacité de la proxénète et de la belle sensibilité de la pute donnèrent vie à de rares oasis où l’on pouvait encore se remémorer le talent de Laforêt.

Peu de chanteuses ou chanteurs sont capables de transcender une chanson très moyenne en une orgasmique et théâtrale prière – Dieu n’étant pas intervenu dans l’affaire, la prière en question put se vendre énormément.

Viens, viens
C’est une prière
Pas pour moi mon père
Reviens pour ma mère
Elle meurt de toi

Texte faiblard. Arrangements kitsch. Voix volontairement fausse.

Trois, quatre : Marie Laforêt porta cette chanson au-delà de sa signification et, investie, la métamorphosa en une quasi transe en suivant le crescendo de la mélodie.




À chaque interprétation, une chanteuse comédienne transformée en fontaine de Trevi, des spectateurs/auditeurs cloués.

Une chanson banale? Une bizarrerie fascinante? Un tube.

Et, par conséquent, un schéma d’interprétation répété sur un 45 tours suivant incluant le non moins tubesque Tant qu’il y aura des chevaux.

Mais au-delà de l’efficacité insensée de Viens, Viens et de la médiocrité du reste, il y avait, bien cachée, la trace belle et émouvante de celle qui chantait quAu printemps, ni la beauté, ni l’argent n’étaient tout dans la vie…

Dans ma chambre
Il y a…

Une petite musique de chambre, rien qu’un lien inter-chansons, un truc de pas grand-chose… qui expliquait tout : voilà donc où l’artiste s’était réfugiée, guitare à la main.

Dans une chambre, fermée à double tours.

Viens, viens n’était sans doute qu’une invitation à ne pas y entrer : « Madame n’y est point, l’on vous dit, elle est partie vendre du zyeux d’or. »

 

ÉCRIVEZ À L'AUTEUR

 

 

laforet73alb200.jpg (19180 octets)

MARIE LAFORÊT
1973

VINYLE ORIGINAL

Pourquoi les hommes pleurent?
Intermède : Dans ma chambre
L'amour comme à 16 ans
Intermède : Dans ma chambre
On quitte toujours quelque chose ou quelqu'un
Intermède : Dans ma chambre
Lady Anna
Arlequin
Intermède : Dans ma chambre
Une petite ville
Intermède : Dans ma chambre
Vivre à deux
Intermède : Dans ma chambre
Mais je t'aime
Intermède : Dans ma chambre
Le mal d'aimer
Intermède : Dans ma chambre
Le coup de la panne
Intermède : Dans ma chambre
Viens, viens
Intermède : Dans ma chambre
Bonsoir... Dans ma chambre
Intermède : Dans ma chambre


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