
Un jour, comme ça, une fille
alla cueillir des fleurs.
Elle fit des bouquets
dasphodèles, et chanta loin, bien plus loin que lamour.
Elle laissa sa voix se mêler à
leau, infiltrer la terre, sévaporer dans les airs.
Les airs, la terre et leau
racontèrent alors des histoires, celles du temps où lon avait le temps de parler
des choses du cur
Et dans ces paysages, on vit Lily
Marlène, Moby Dick, des noces de campagne ou les rivages de Cordouan
On vit surtout toute la poésie
des femmes quand elles chantent ou pleurent leurs hommes
Des femmes quand elles se
ressourcent damour au puits de leur enfance
Des femmes au regard
dhomme.
Dhommes aux curs de
femmes.
DHommes à tête
dHomme.
Et à travers eux, la poésie
dune fille qui ressemblait aux ânes de Francis Jammes.
De ces ânes, apparemment si
humbles, si soumis, qui rêvent pourtant si fort à la cavale effrénée dun si
puissant amour quils meurent parfois de cet Idéal.

Marie Laforêt, cachée derrière le pseudonyme de Françoise They, prit une plume
doiseau et écrivit des mots dune délicatesse subtile.
Jean Musy, Bernard Wystraete,
Hervé Roy arrangèrent avec un talent rare les mélodies : rarement Lily Marlène
fut aussi séduisante, rarement Marie fut aussi bien servie
Était-ce trop beau pour
durer ?
Lécrin était si joli, la
fleur était si délicate, que la belle saison ne se revit pas de sitôt.
Le bonheur, cest un peu comme un
printemps, tu sais
Une fleur meurt et cest lhiver
Qui a vu le printemps passer ?