|
L A B I O G R
A P H I E D E L U K A P H I L I P S E N
On nous parlera de Britney girls émancipées, alors quon na jamais vu pareilles potiches. La statue de Miss Zeidel est érigée en Europe, elle est belle mais ne le dit pas, elle brille grâce à quelques mèches mais embrume ses mirettes. Lindépendance sied mieux à la discrétion. On la croira faussement juxtaposée aux lumières des artères ou malicieusement adossée à la voiture dune avenue quelle refuse. Grave erreur. Keren Ann et ses yeux brumeux sont bien de leur temps. Ils ne se contentent pas de sy lover avec la léthargie qui plaît à la majorité, trop occupés quils sont à défaire les clichés dâmes torturées, à nettoyer les orifices de maux canonisés : pas d épaules offertes pour pleurer son petit chagrin, il est temps de rebâtir, de tester quelques certitudes et douvrir à lavenir le pus des blessures. Pour cela il faut un rêve, et la jolie fille la trouvé là où plus personne nose regarder : chez lOncle Sam, pas Bush, en la contrée du plus pur songwriting, maison de la sur Vega. Oh si, la grande tradition française Le poids des anciens augmente chaque dimanche, on les impose comme lhiver son froid qui frigorifie, il savère impossible de les négliger et, en bonne artisane, Zeidel les a tous digérés. Dans la swimming pool de ses idoles, prise par les algues et les micro-organismes voraces, elle a plongé. Sous la surface, sous les mouches qui sy kamikazent, elle a trouvé la Genèse. Purs y sont les mots, seule y est la chanteuse, neufs y sont les jardins et les villes. Loin, cachée, déclarée disparue, Keren Ann a choisi le fil qui permet de remonter à la surface, combattante, pour revenir chez elle décrocher les étoiles. Elle plane et pianote sous les branches, un trésor a germé. Pas dupe pour deux sous, elle a compris quil vaut mieux chuchoter : ainsi sendorment les mercenaires aux gros bras et aux cuissots dacier. Lorsque cen est fini de « trouble every day », lorsque la voie est libre, il est à nouveau possible de reprendre les leçons du tourmenté Portishead, infaillible copain dambiances, et dépouser joliment son amant en lui inculquant le soleil découvert après locéan. La pellicule défile. Lalliance, un baiser, une promesse de voyage, quelques infidélités à prévoir mais avant tout cette demande, à pleurer : Reste-là. Keren Ann sest unie en France avec son colosse, vêtue dune robe à éclore, achetée à létranger. Écoutons, écoutez : il y a la vie sous sa traîne piétinée.
|
||||
|
||||