JULIETTE



J U L I E T T E

D E U X    P I A N O S

 

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

 


Elle est pas belle Juliette?  Non : elle est superbe.

Le marché français du disque semble ces temps-ci, peut-être l'avez-vous remarqué, céder de plus en plus à celui de l'image.

Pour cartonner, qu'on soit d'ailleurs mâle ou femelle, il faut désormais avoir un look.

Un look, cela va de soi, qui plaise au plus grande nombre et qui soit conséquemment voisin de celui de ces prétendues belles gueules que l'on nous donne à voir, à revoir et à avaler, jusqu'à ce que plus le moindre doute ne soit permis : la beauté, c'est «ça».

Vous êtes amateur de cette beauté-là? N'allez pas plus loin : fermez l'écran, ouvrez la télé.

Aucun danger, vous n'y verrez pas Juliette : on ne l'y voit pas.

Pour tout dire, on ne l'y entend pas non plus.

L'image de Juliette, c'est vrai, aurait de quoi heurter : après tant d'androïdes, voir comme ça un être humain, quel choc!

Mais que dire des mots de Juliette, voire de ceux des auteurs qu'elle défend?

Ça nada, pas question : interdits d'antenne!


Nous sommes maîtres de la Terre
Nous nous croyons des presque dieux
Et pan, le nez dans la poussière
Qu'est-ce que nous sommes
Des pouilleux

Et là-haut les oiseaux
Qui nous voient si petits si petits
Tournent tournent sur nous
Et crient
Au fou!
Au fou!

Nous nageons tous dans la bêtise
Et on invente des drapeaux
On met des couleurs aux chemises
Sous les chemises il y a la peau

Et là-haut les oiseaux
Qui nous voient si petits si petits
Tournent tournent sur nous
Et crient
Au fou!
Au fou!

Écoutez le monde en folie
Vive la mort vive la faim
Pas un ne crie vive la vie
Nous sommes tous
Des assassins...


Elle nous rejoue le coup de la passionaria Juliette?  Pas du tout, elle ne nous rejoue rien du tout.  Elle chante, c'est tout, ses mots comme ceux des autres, dont ceux-là, écrits par Raymond Asso, n'en déplaise à certains bien avant les années 50...  Étonnants d'actualité, non?

Juliette, voyez-vous, n'est pas amnésique.   Elle n'a pas la prétention de réinventer le monde ou la chanson.  Elle ne renie ni ne copie ceux qui l'ont précédée, ne se prend ni pour eux ni pour une quelconque grande dame de la chanson.  Elle se prend pour elle et nous prend aux tripes.  Elle interprète, elle écrit, elle compose, elle chante, avec intelligence, sensibilité et respect.  Elle n'est pas belle, non.  Elle est superbe, et rare.

Dans le paysage actuel de la chanson française, Juliette Nourredine est peut-être la seule, face à la musique, à pouvoir prétendre, par son humilité, à la stature de cette femme exceptionnelle, morte une soir de novembre, dont tant et tant se sont réclamés depuis, à tort et à travers.

M'ont tous connue
Connue avant
Ils s'en rappellent
...

En décembre 1997, salle Gavot à Paris, Juliette a gravé, avec Didier Goret, un album magistral.

Il s'appelle Deux pianos, et c'est un chef-d'œuvre.

Point.

Et là-haut les corbeaux
Qui nous voient si petits si petits
Tournent comme des fous
Et crient
À nous!
À nous!

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

 

JULIETTE - 2 PIANOS

JULIETTE
Deux pianos
SCALEN
MT 105
1997

La petite fille au piano
Le p'tit non
Revue de détail
Sur l'oreiller
Un monsieur me suit dans la rue
Les timides
La belle abbesse
La Joconde
La ballade d'Éole
Les romanichels
Papier buvard
Tout fout l'camp
Tout est bon dans l'cochon
Berceuse pour Carlitos