

JOHNNY CASH
THE MAN COMES AROUND
(AMERICAN IV)


IRAK, PRINTEMPS 2003
Feu !
Vert...
Il est là l'arme au poing,
20 ans et des nuages de poussière, à regarder le sang couler sur le désert.
Sous le ciel orange.
Feu !
Rouge....
Il est là larme à l'oeil,
à regarder son sang couler sur le désert.
Il n'a rien entendu.
Sinon un un sifflement, sans rapport aucun avec celui d'un oiseau. Quelque chose
s'est logé dans sa poitrine. Côté sans cur.
Pourtant il a fait comme on
lui a dit : armé d'une attitude positive, prendre en compte les divers objectifs tout en
intégrant la totalité des paramètres susceptibles d'entraîner un réordonnancement des
priorités cibles. Et agir en conséquence.
Agir en conséquence....
Il a fait comme on lui a
dit et il va mourir : comment est-ce possible?
Comment, et pourquoi?
Pourquoi lui et maintenant, et ici et surtout, surtout, seul?
C'était il y a quelques
semaines à peine, au fin fond du Nevada, au coucher du soleil devant le shack, sa
main dans celle de Kate, avec Bill et Jennifer, Jack, Mary, Bob et Ricky.
C'est Ricky qui avait mis
le disque. Ce bon vieux Johnny Cash, qui les avait toujours fait rêver à
bloc, sourires aux lèvres, à fond les baffles dans la grosse Chevy sur les routes du
Bagdad Café. Pourquoi ce soir-là les a-t-il fait pleurer? Sans doute
avaient-ils trop bu, une fois de plus.
Il se souvient.
La voix de Fiona Apple,
bouleversante, mélangée à celle du vieux Johnny sur le Bridge Over Troubled
Water où tous, ce soir-là, ils se seraient bien allongés, élancés même à
toutes jambes... mais pour aller où lorsque l'on vient de là où l'on croit qu'il
n'y a pas d'ailleurs?
Cette étrange boîte à
musique sur l'In my Life des Beatles.
D'autres chansons.
Des silences aussi.
Il se souvient qu'il
s'était dit que le vieux Johnny n'en n'avait sans doute plus pour très longtemps.
Puis, ses larmes séchées,
l'effet des 30 Bud dissipé, il n'y avait plus pensé.
Jusqu'à ce soir où son
heure, à lui, était venue.
Qui l'eut cru?
Hier encore, cowboy
immortel, il se voyait revenu de tout, paradant par les rues de Laredo, armé
du scalp des nouveaux Indiens de l'Amérique.
Et il git là, seul, pas
même au bord du chemin, avec pour seul espoir que quelqu'un, avant les vautours, vienne
à passer.
Que son souhait soit
exaucé et votre volonté défaite,
Que la Terre soit le Ciel,
Amen.
As I walked out in the
streets of Laredo
As I walked out in Laredo one day
I spied a young cowboy wrapped up in white linen
All wrapped in white linen as cold as the clay
« I see by your outfit
that you are a cowboy »
These words he did say as I boldly walked by
« Come sit down beside me and hear my sad story
I'm shot in the breast and I know I must die... »
« Get six jolly
cowboys come carry my coffin
Six pretty gals come to carry my pall
Throw bunches of roses all over my coffin
Roses to deaden the clods as they fall »
« Then beat the drum
slowly, play the fife lowly
Play the dead march as you carry me along
Take me to the green valley, lay the earth over me
I'm a young cowboy and I know I've done wrong... »
When thus he had spoken
The streets ofLaredo grew cold as clay
We took the young cowboy
Down to the green valley...
We beat the drum slowly and
played the fife lowly
Played the dead march as we carried him along
Down in the green valley, layed the earth over him
He was a young cowboy and he said he'd done wrong

TEXTE EN VERT : STREETS OF LAREDO (AIR TRADITIONNEL AMÉRICAIN)

JOHNNY CASH
The man comes around (American IV)
2002
The man comes around
(Johnny Cash)
Hurt
(Trent Reznor) - VO Nine Inch Nails
Give my love to Rose
(Johnny Cash)
Bridge over troubled water
(Paul Simon) - VO Simon & Garfunkel - Avec Fiona Apple
I hung my head
(Sting) - VO Sting
First time I ever saw your face
(Ewan MacColl)
Personal Jesus
(Martin L. Gore) - VO Depeche Mode
In my life
(Lennon / McCartney) - VO The Beatles
Sam Hall
(Traditionnel)
Danny Boy
(Traditionnel)
Desperado
(Glenn Frey / Don Henley) - VO The Eagles - Avec Don Henley
I'm so lonesome I could cry
(Hank Williams) - Avec Nick Cave
Tear stained letter
(Johnny Cash)
Streets of Laredo
(Traditionnel)
We'll meet again
(Ross Parker / Hughes Charles)
Essentiellement : guitares
acoustiques, piano, harmonium
Réalisé par Rick Rubin |
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À
plus de 70 ans, avec ce quatrième volet des American Recordings, Johnny
Cash signe un album exceptionnel, classique instantané, dont on se demande bien qui,
même sans piper un mot d'anglais, pourrait l'écouter sans frissonner.
Sur une réalisation impeccable et des arrangements
à se damner, sobres, plus que beaux, Cash, de sa voix intacte et cassée à la fois,
chante sa vie à travers les titres qu'il a choisis.
Sa vie, ses erreurs, ses fautes et ses repentances,
ses regrets, ses dieux et ses démons, son Amérique en somme, son Amérique à lui, celle
où les cowboys avaient encore un cur et savaient qu'il pouvait s'arrêter à tout
moment sans que ce soit nécessairement la faute du voisin, proche ou lointain.
The man comes around : un album
américain, au plus beau et trop rare sens du terme.
Un très grand album américain.


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