J    A    N    I    S         I    A    N

G O D   A N D   T H E   F B I     B O O T S . . .

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

vide18.gif (62 octets)

Only a handful of the great American troubadours is still creating vital music.
Some of the others are dead, some are in creative eclipse,
some are forgotten,
and better, some are rich and retired.
But Janis Ian endures.


Robert K. Oerman


Si la chanson est avant tout pour vous un divertissement : fuyez!  Fuyez Janis Ian, et évitez surtout God and the FBI.

Si vous rafolez des grosses percus amplifiées, des basses qui vous défoncent les zoreilles, de zouins-zouins nouveau genre qui vous baisouillent les tympans avec autant d'éphémère et apparente sensualité que la nouvelle robe de la nouvelle Barbie séduit candidement votre regard ravi, bref, si vous ne jurez que par le son des désormais Two-Thousand, aussi vide et périmé par avance que les sons du jour l'ont toujours été, tapez vite www.auxabris.com.

Si par contre la chanson est pour vous autre chose qu'un divertissement, qu'une charmante attraction, mais bien un art à part entière doublé d'un mode de réflexion sur la vie, le monde, les gens et les choses qui, de près ou de moins près, vous entourent,  tendez l'oreille.

God and the FBI : pas qu'un titre sublime.  Sur onze musiques différentes mais unies par une vraie sobriété instrumentale qui allie modernisme et classicisme, acoustique, électricité et synthétisme non superflu, rock, racines du rock et influences classiques revendiquées, Janis Ian aborde haut, fort et juste, sans démagogie, onze sujets qui lui tiennent à coeur.

Onze sujets bien loin de ceux qui obnubilent l'apparente majorité hélas non-silencieuse de ses concitoyens Américains, devenus malgré eux adeptes d'un junk non plus seulement alimentaire mais trop souvent culturel : pourquoi se poser la moindre question quand c'est si bon, servi à volonté et pour si peu cher, « dit-on » ?

Si l'écoeurement vous gagne, écoutez :

God and the FBI : L'intrusion galoppante de Big Brother dans la vie privée de tout un chacun.

Welcome to the Fifities
We can make you testify
Freedom is no alibi

On the Other Side : À travers la mort, la vie.  Son importance, la beauté qu'il y a à mériter ses ailes quand on prétend être un ange aux pays des saints de pacotille.

And I who never could beleive...
On the other side
Angels earn their wings

Memphis : La laideur croissante d'une certaine Amérique, illusoirement triomphante de l'autre côté du miroir.

If you could see Memphis
The way that I do
She would look different to you

Jolene : La grandeur qu'il y a à faire preuve de sens commun dans une société qui n'en a plus guère et , par delà les discours, malgré l'égoisme-avant-tout érigé en légitime défense, l'importance de ne pas renoncer à agir, malgré ce qu'il en coûte.

There's a crowd at the park on the corner
Jimmy rushes to see
On the ground is a lady in labor
Jimmy forgets how to breath
And it's coming too fast for a doctor
And the traffics's obscene
And the people are panicked and shouting

When You Love Someone : L'amour, quand il mérite ce nom.

When you love someone
It's love that make you brave
From the craddle to the grave
There's a song in every ward
And you are more than you deserve
There is magic in your hands
And there's peace upon the land

Play Like a Girl : Le sexisme dans le merveilleux monde de la musique pop.

I don't want to be Evis

Days Like These : L'impression d'impuissance de l'Homme face à une société sensée  porter ses rêves.

On days like these
When the rain won't fall
And the sky is so dry
That even birds can't call
I can feel your tears
Disappearing in the air
Carried on the breeze

Boots like Emmy Lou's : La musique supplantée par l'image.

But I cannot stay
If you take away my boots like Emmy Lou's

She Must Be Beautiful : La musique de l'âme supplantée par l'image.

She must be beautiful
To have stolen the wind from my sails
Casting your dreams out to sea
Will you remember me
As years go by
Washed away with the tide
It was I who set you free

The Last Comeback : Ultime tour de piste?

These are the songs nobody wanted
This is the voice that no one heard

Murdering Stravinsky : L'insidieux danger que porte en soi la prétention d'une certaine société nord-américaine deux-millesque à avoir tout inventé, prétention née non pas de sa méconnaissance mais, phénomène nouveau, de son strict désintérêt à écouter, voir, entendre, comprendre ce qui existait  ailleurs mais d'abord  « avant » qu'elle ne décide, en sa fuite en avant, qu'elle est désormais le commencement, le début et la fin du monde entier.

We're murdering Stravinsky
Shootin at Ravel
Burying Picasso
Slaughtering Caetano
At he gates of hell
We're bringning down the Beatles
Dylan and his pals
We're working very hard
To be the avant-garde
Murdering Stravinsky

God and the FBI est plus qu'un album majeur de la chanson américaine.  C'est un album urgent, important, qui parle sans poncifs de l'Amérique et, par-delà celle-ci, de nous tous, gens « d'encore ailleurs » mais... pour combien de temps?



ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

 
JANIS IAN
GOD AND THE FBI
2000

God and the FBI
On the Other Side
Memphis
Jolene
When You Love Someone
Play Like a Girl
Days Like These
Boots Like Emmy Lou's
She Must Be Beautiful
The Last Comeback
Murdering Stravinsky

 

 

J    A     N     I     S        I    A     N
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