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J A N I S I A N G O
D A N D T H E F B I
: B O O T S . . . |
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Only a handful of the great American troubadours is still creating vital music. Some of the others are dead, some are in creative eclipse, some are forgotten, and better, some are rich and retired. But Janis Ian endures. Robert K. Oerman
Si vous rafolez des grosses percus amplifiées, des basses qui vous défoncent les zoreilles, de zouins-zouins nouveau genre qui vous baisouillent les tympans avec autant d'éphémère et apparente sensualité que la nouvelle robe de la nouvelle Barbie séduit candidement votre regard ravi, bref, si vous ne jurez que par le son des désormais Two-Thousand, aussi vide et périmé par avance que les sons du jour l'ont toujours été, tapez vite www.auxabris.com. Si par contre la chanson est pour vous autre chose qu'un divertissement, qu'une charmante attraction, mais bien un art à part entière doublé d'un mode de réflexion sur la vie, le monde, les gens et les choses qui, de près ou de moins près, vous entourent, tendez l'oreille. God and the FBI : pas qu'un titre sublime. Sur onze musiques différentes mais unies par une vraie sobriété instrumentale qui allie modernisme et classicisme, acoustique, électricité et synthétisme non superflu, rock, racines du rock et influences classiques revendiquées, Janis Ian aborde haut, fort et juste, sans démagogie, onze sujets qui lui tiennent à coeur. Onze sujets bien loin de ceux qui obnubilent l'apparente majorité hélas non-silencieuse de ses concitoyens Américains, devenus malgré eux adeptes d'un junk non plus seulement alimentaire mais trop souvent culturel : pourquoi se poser la moindre question quand c'est si bon, servi à volonté et pour si peu cher, « dit-on » ? Si l'écoeurement vous gagne, écoutez : God and the FBI : L'intrusion galoppante de Big Brother dans la vie privée de tout un chacun.
On the Other Side : À travers la mort, la vie. Son importance, la beauté qu'il y a à mériter ses ailes quand on prétend être un ange aux pays des saints de pacotille.
Memphis : La laideur croissante d'une certaine Amérique, illusoirement triomphante de l'autre côté du miroir.
Jolene : La grandeur qu'il y a à faire preuve de sens commun dans une société qui n'en a plus guère et , par delà les discours, malgré l'égoisme-avant-tout érigé en légitime défense, l'importance de ne pas renoncer à agir, malgré ce qu'il en coûte.
When You Love Someone : L'amour, quand il mérite ce nom.
Play Like a Girl : Le sexisme dans le merveilleux monde de la musique pop.
Days Like These : L'impression d'impuissance de l'Homme face à une société sensée porter ses rêves.
Boots like Emmy Lou's : La musique supplantée par l'image.
She Must Be Beautiful : La musique de l'âme supplantée par l'image.
The Last Comeback : Ultime tour de piste?
Murdering Stravinsky : L'insidieux danger que porte en soi la prétention d'une certaine société nord-américaine deux-millesque à avoir tout inventé, prétention née non pas de sa méconnaissance mais, phénomène nouveau, de son strict désintérêt à écouter, voir, entendre, comprendre ce qui existait ailleurs mais d'abord « avant » qu'elle ne décide, en sa fuite en avant, qu'elle est désormais le commencement, le début et la fin du monde entier.
God and the FBI est plus qu'un album majeur de la chanson américaine. C'est un album urgent, important, qui parle sans poncifs de l'Amérique et, par-delà celle-ci, de nous tous, gens « d'encore ailleurs » mais... pour combien de temps?
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