

BILLIE
HOLIDAY
LAST RECORDING
I MADE IT !

Il fait chaud.
Très chaud.
Il y a des mouches sur l'écran pendant que je tape ces mots.
Il y a en avait sans doute, aux aguets, le jour où Billie pénétra dans le studio.
Fringuée à cinq épingles pour ce qui devait être, sans qu'elle le sache encore, son
dernier enregistrement.
1959.
Last Dance Babe.
Encore avec Ray Ellis.
Ray.
Il avait été tout lorsqu'elle n'était plus rien.
Elle avait entendu ce qu'il avait fait pour lui et son orchestre, The Ray Ellis Orchestra.
Elle lui avait demandé : « Voudrais-tu, aussi, pour moi ? » Il avait dit
oui.
« Oui ! »
À elle...
Il l'avait violonnée plafond-plancher.
On avait crié tantôt au
génie tantôt au jeunisme, mais Lady In Satin avait fait parler de lui.
D'elle.
On ne parlait plus guère d'elle déjà, sinon tout bas, bien bas comme volent les
mouches. Sinon au presque passé.
Elle est entrée dans le studio fringuée à cinq épingles.
Le tête droite, le corps
à l'envers.
Le coeur solide, prêt à se rompre.
Ray avait rangé le gros de
ses violons : il voulait qu'elle soit nue.
Elle, la vieille, à poil, pour ces chastes oreilles?
Elle a tout enlevé, tout arraché, s'est montrée telle qu'elle était : une femme
presque morte, follement heureuse de vivre.
Immortelle.
 All of you (Cole Porter)
-- Sometimes I'm happy (Irving Ceasar, Clifford Grey, Vincent Youmans) -- You
took advantage of me (Richard Rodgers & Lorenz Hart) -- When it's sleepy time
down south (Leon Rene / Otis Rene / Clarence Muse) -- There'll be some changes
made (WB Overstreet/Billy Higgins) -- Deed I do (Walter Hirsch/Fredy Rose)
-- Don't worry about me (Ted Koehler/Rube Bloom) -- All the way (Sammy
Cahn/Jimmy Van Heusen) -- Just one more chance (Sam Coslaw/Arthur Johnston) -- It's
not for me to say (All Stillman/Robert Allen) -- I'll never smile again (Ruth
Lowe) -- Baby won't you please come home (Charles Warfield, Clarence Williams) |
BILLIE HOLIDAY
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