Comme
bien des gens, je la connaissais mal, un peu, donc pas du tout.
J'aimais sa voix, j'aimais, surtout La maison où j'ai grandi : comme La
maison près de la fontaine, de Nino, elle me touchait droit au coeur, au plus
profond de souvenirs que je n'avais pas encore mais qui, je le savais, viendraient tôt ou
tard : ils sont là.
J'avais 13 ans, je rêvais de vies martiennes, trois, deux, un, zéro, ce fut parti.
Un compte-à-rebours murmuré, à peine audible, et c'en fut fini d'être tout à
fait d'ici, comme d'ailleurs.
Dans le ciel
Un soleil rouge *
Une première étoile rouge venait de se poser sur moi.
Viens
Viens au port comme un navire
Et tu sauras d'où repartir
Quand tu voudras t'en aller **
Il ne faudrait jamais partir : je suis resté.
Depuis, quand mon coeur pèse des tonnes, je me tourne souvent vers le large de cette mer
intérieure où les guitares de Tuca, les cordes de Catherine Lara et les mots et la voix
de Françoise H. dessinent encore, tant d'années après, des tempêtes capables
d'engloutir même le pire.
Je sais alors que tout n'est pas perdu, que rien ne le sera jamais tant que le silence
d'un être saura troubler celui d'un autre.
Pile sous l'étoile rouge, j'ai le diable au coeur, et mon doux enfer s'appelle paradis.

Avec
le Danger (1997), La question reste l'un des albums les plus personnels et les plus aboutis
de Françoise Hardy. Textes simples et beaux, interprétation hors pair
et arrangements intemporels, pour un ensemble qui se refuse à prendre
la moindre ride si l'on oublie Chanson d'O et Rêve, chansons
essentiellement sans paroles mais datées par des
soupirs érotico-seventies péremptés.
Les
arrangements sont co-signés par la
guitariste brésilienne Tuca, qui signe aussi la musique de 10 des 11 pièces de l'album et
dont ce sera hélas l'unique collaboration avec Françoise Hardy. L'essentiel des
cordes sont signées Catherine Lara.
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