| La mer, les étoiles et
le vent, elle ne les aimait plus autant.
Restait le soleil : à
peine s'était-elle dite adieu qu'il se leva sur ses chansons.
Comme se pose sur une
épaule la main de l'ami espéré, inespéré, arrivé un peu, juste un peu, trop tard.
Soleil...
Il fit ce qu'il put,
souffla de toutes ses braises sur ses chansons de mer, d'étoiles et de vent, les
réchauffa, leur donnant une chaleur nouvelle, inconnue, sans pourtant les rendre belles :
elles l'étaient déjà.
Elles l'étaient déjà,
elle l'était encore.
Ensemble, avec lui, ils
atteignirent l'impensable, lui donnèrent naissance.
L'impensable : la joie.
La joie des larmes, des
souvenirs, des regrets même existe quand elle s'appelle musique.
Elle exista, le temps d'un
rayon de soleil.
Comme existe bel et bien,
le temps d'un éclair, le sourire du chien dans les yeux de l'Homme auquel il attache
fidèle, à jamais fidèle... ses pas.
Soleil...
Il s'en fut, il était
déjà loin quand tout fut terminé.
Comme le sont les fous
rires à l'heure où les chiens s'endorment et où les inévitables imbéciles se
pointent, ânonnant que ce n'est pas la mort d'un Homme.
Et....
C'était lui le soleil
Qui faisait nos réveils
Chaque matin
Et...
La mer était belle
Et...
Nous courions vers elle
Main dans la main

Pour Salvador
Faux-frère jumeau de Comment te dire adieu, Soleil en est l'absolu
contraire, l'exact autre côté du miroir. Soleil est le Là-bas
de Françoise Hardy : rien n'y est comme avant, ni comme après. Rêve que l'on t'y
porte : tu en reviendras sinon heureux, sinon dissemblable à tous ceux qui ont eu du
chagrin, du moins soulagé de n'être plus seul à te dire que, peut-être, ton monde
n'est pas vrai, mais qu'il le fut, le reste et le restera, pour toi.
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