hardymessok.jpg (22462 octets)

 

M E S S A G E   P E R S O N N E L   /   D E N T E L L E   E N   M I N E U R



Visage en clair-obscur.   Grains de peau, soir tombant, intimité offerte.  Ses lèvres allaient s'ouvrir et dire les mots…  Tous ces mots qu'elle ne voulait ou ne pouvait pas dire.

Et si son Message personnel remit en lumière sa carrière, sans doute contribua-t-il à occulter le doux crépuscule qui s'installait sur la maison, là-bas.

Dans cette maison qui semblait ne vouloir d'autre éclairage que celui du contre-jour, loin de la paresse ou du dégoût de la vie, sans doute faisait-il bon vivre.

Le saura-t-on jamais car, en 1973, alors que Françoise rangeait ses mélodies comme des robes devenues trop courtes, ni Michel Berger ni elle ne firent de cette maison celle où elle grandirait.

Françoise était dépendante musicalement de Michel, plus que Véronique, moins que France. Cette situation d'entre-deux ne permit pas que l'alchimie se fasse tout le long d'un album, comme pour Amoureuse, puis plus tard France Gall.

Et de la vie intérieure de cette maison, belle là-bas, on ne découvrit pas grand-chose : on n'alla pas jusqu'au bout du potentiel de complémentarité de la subtilité de Françoise et des harmonies, des cordes de Michel.

Deux chansons, belles sans doute, mais posées là sans parvenir à créer un univers, une atmosphère : la maison ne fut ni à elle ni à lui.

Mais, à travers ses fenêtres allumées, parvinrent à filtrer quelques mélodies qui firent toute l'importance de l'apparemment dispensable : ce qui ne relevait pas du tandem Hardy/Berger.

Des chansons écrites par Moustaki, Pouret, Castelain, Kawcsyski, Matioszek et Ravesco, peut-être sans grande cohérence entre elles, mais toutes message«s» personnel«s». Éparpillés mais essentiels, des messages personnels en ce que l'on se les adresse à soi-même : une Berceuse d'amour toujours, un Pouce au revoir au tourbillon furieux de la vie, une Attente qui rend les yeux moins verts, mais le cœur plus rouge, On dirait

Et avant l'Entr'acte, au son de la plus belle Chanson floue, retrouver le jardin où l'on a tant aimé, car la jeunesse n'en finit pas de foutre le camp.


Je faisais dessous mon ombrelle
Une tâche de dentelle
Dans le jardin rose-flou…

L'album Message personnel : un point mineur dans la discographie de Françoise Hardy ? À mieux y regarder, une tâche de dentelle, brodée au hasard d'un cousu main manqué.


ÉCRIVEZ À L'AUTEUR

 

MESSAGE PERSONNEL
1973

Première rencontre
Rêver le nez en l'air
L'amour en privé
Berceuse
Pouce au revoir
L'attente
On dirait
L'habitude
Chanson floue
Message personnel
 

Je suis moi, ajoutée à la version CD, est totalement étrangère à l'album original.

 

RETOUR A FRANCOISE HARDY