

M E S S A G
E P E R S O N N E L / D E N T E L L E E
N M I N E U R
Visage en clair-obscur. Grains de peau, soir tombant, intimité offerte. Ses
lèvres allaient s'ouvrir et dire les mots
Tous ces mots qu'elle ne voulait ou
ne pouvait pas dire.
Et si son Message personnel remit en lumière sa carrière, sans doute
contribua-t-il à occulter le doux crépuscule qui s'installait sur la maison, là-bas.
Dans cette maison qui semblait ne vouloir d'autre éclairage que celui du contre-jour,
loin de la paresse ou du dégoût de la vie, sans doute faisait-il bon vivre.
Le saura-t-on jamais car, en 1973, alors que Françoise rangeait ses mélodies comme des
robes devenues trop courtes, ni Michel Berger ni elle ne firent de cette maison celle où
elle grandirait.
Françoise était dépendante musicalement de Michel, plus que Véronique, moins que
France. Cette situation d'entre-deux ne permit pas que l'alchimie se fasse tout le long
d'un album, comme pour Amoureuse, puis plus tard France Gall.
Et de la vie intérieure de cette maison, belle là-bas, on ne découvrit pas grand-chose
: on n'alla pas jusqu'au bout du potentiel de complémentarité de la subtilité de
Françoise et des harmonies, des cordes de Michel.
Deux chansons, belles sans doute, mais posées là sans parvenir à créer un univers, une
atmosphère : la maison ne fut ni à elle ni à lui.
Mais, à travers ses fenêtres allumées, parvinrent à filtrer quelques mélodies qui
firent toute l'importance de l'apparemment dispensable : ce qui ne relevait pas du tandem
Hardy/Berger.
Des chansons écrites par Moustaki, Pouret, Castelain, Kawcsyski, Matioszek et Ravesco,
peut-être sans grande cohérence entre elles, mais toutes message«s» personnel«s».
Éparpillés mais essentiels, des messages personnels en ce que l'on se les adresse à
soi-même : une Berceuse d'amour toujours, un Pouce au revoir au
tourbillon furieux de la vie, une Attente qui rend les yeux moins verts, mais le
cur plus rouge, On dirait
Et avant l'Entr'acte, au son de la plus belle Chanson floue, retrouver
le jardin où l'on a tant aimé, car la jeunesse n'en finit pas de foutre le camp.
Je faisais dessous mon
ombrelle
Une tâche de dentelle
Dans le jardin rose-flou
L'album Message personnel : un
point mineur dans la discographie de Françoise Hardy ? À mieux y regarder, une tâche de
dentelle, brodée au hasard d'un cousu main manqué.

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