|
Johnnie Walker est dans nos rêves
Elle avait croulé sous les fleurs : elle a croulé sous la table. Laissant au mange-disques orange le privilège d'avaler quoi que ce soit de solide. Elle voulait boire la mer, entre les lignes elle l'avait dit, elle le ferait, point à la ligne. Quelle importance que le mange-disques ne tourne pas qu'à 33 ou 45, qu'il tourne, tourbillonne en tous sens... ? Et d'ailleurs : où est-il ? Nous sommes en 1972, et elle s'en fout.
Elle va se mettre à table mais pas tout de suite, encore un instant, juste un, à elle, pour elle, le sien. Gratuit. Dans le miroir éclaté à ses pieds, ses premières rides sont belles. Sept ans de malheur? Elle n'a jamais été plus heureuse d'être mal heureuse.
Debout, il est temps !
Guitare, Johnnie, guitare ! Elle écrit ses dernières chansons, paroles et musiques.
Et si je m'en vais avant toi... C'est au devant d'elle-même qu'elle s'en va, qu'elle est déjà partie. Son premier faux-pas, message partiellement impersonnel, elle ne se le pardonnera pas, tout de suite elle sonnera l'entr'acte. Ensuite seulement, elle dira les choses qu'elle sait vraiment. Mais pour l'instant, au Johnnie qui titube plus qu'il ne marche à ses côtés, il n'est qu'une chose qu'elle ose murmurer : « J'ai envie d'être embrassée. »
|
|||||
|
|||||