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C L A I R - O B S C U R
À L'ABRI DU DANGER |

Jardin dévasté, après
l'orage, rendre les armes, céder aux mirages de l'été sans fin, sous les étoiles un
instant retrouvées, les yeux dans les yeux regardées.
Partir en voyage, à l'abri
du danger.
Personne n'habite plus la
maison qui dort : pousser la grille, un cri qui ne soit plus muet, poser non plus la mais
les questions qui se posent, laisser s'élever un air de guitare, comme un appel, un
espoir.
Fermer les yeux, ouvrir la
bouche, la grille, délaisser un peu cet éternel jeune homme qui de toutes façons
voyage, pour se pencher sur la vérité des choses.
Partir, quand même.
Quand même il faudrait
revenir, partir contre vents et marées, sous les pluies de la saison, oser un peu d'eau,
juste un peu au coin des yeux, à l'angle d'une vie : tenir ses promesses.
Partir, pour une fois
depuis si longtemps, soi-même en voyage, dans toutes les directions vers lesquelles les
années à la longue font inexorablement pointer le coeur.
Le laisser, se laisser,
tourner, comme une girouette en apparence, au fond comme une rose des vents.
On est si peu de choses :
pourquoi ne pas être soi-même, indécemment multiple, brandir tout haut les couleurs de
toute une vie, prendre une fois le si tendre risque de les chanter tout bas à l'oreille
de qui saura, un soir, accepter enfin de n'être qu'un garçon, une fille, de l'âge qu'il
ou elle a?
Les rides de Françoise
Hardy sont un poème, un trésor, désormais invisible : essentiel.
Puisque tôt ou tard vous
partirez en voyage, montez à l'illusoire abri du danger : c'est immensément bel et bon
de chasser la haine, de vivre d'amour plutôt que d'en mourir.

 Clair-Obscur
Françoise Hardy
7243 8492032 6
Virgin
3 mai 2000 |
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Puisque vous partez
en voyage
(Mireille / Jean Nohain)
Tous mes souvenirs me tuent
(Reinhardt-Grappelli /
Hardy
Celui que tu veux
(Olivier Ngog / Bgog -
Yonis Balmayer)
Clair-obscur
(Khalil Chanine / Hardy)
Un homme est mort
(Jose Maria Cano / Cano -
Hardy)
Duck's Blues
(Lubrano / Hardy)
I'll be seeing You
(Fain / Khalal)
Tu ressembles à tous ceux qui ont
eu du chagrin
(Hardy)
La pleine lune
(Lubrano / Hardy)
So sad
(Don Everly)
La saison des pluies
(Christophe Rose / Hardy)
Contre vents et marées
(Clapton / Hardy)
La vérité des choses
(Lubrano / Hardy )


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