
PARIS-FRANCE
LA MORT DOUCE ou
DOIT-ON MOURIR D'AVOIR VÉCU ?
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Cétait à Paris, en France. Cétait en 1980, je me souviens. Elle avait vagabondé dans lappartement ce matin-là, lu, mangé des biscottes. Puis, elle sétait assise près de la fenêtre, avait regardé dehors malgré les rideaux un peu tirés. La vie extérieure, elle lavait laissée là. Elle sétait contentée, pour quelques instants, de nen être que spectatrice. En juste dilettante, «définitivement installée dans le provisoire». Elle avait laissé de sa vie intérieure sortir, comme ça, en acoustique, de petits sentiments de rien. Parce que plus rien navait dimportance ou qu'au contraire, tout en avait. Juste envie de parler, parler de ces choses, maladroitement peut-être, parfois avec des mots qui nétaient pas tout à fait les siens. Cest ma voix et ce
nest pas ma voix Quimporte! Elle était, à ce instant-là, bien au-dessus du niveau des mots, comme Lily Passion. Quelquefois, quand on
laisse sortir les choses, elles deviennent différentes du sentiment premier qui les a
créées. Mais il fallait dire. Dire tout des effets et des causes Dire tout.
Dire tout... Alors, devant sa fenêtre, dans sa vie intérieure, elle a tout dit, comme ça en passant. Elle a dit la différence, si belle et effrayante. Ce nétait pas ce chanteur à grosses lunettes qui importait Non Cétait de réaliser que lon est différent dès que lon est vraiment soi, singulier.
Pouvoir à nouveau sourire et nêtre plus rien, superficiel et léger Un moment où lon assume sa différence, un moment où lon aime tout le monde. Par la fenêtre, regarder la Place de la Concorde. Chanter la chanson dune Terrienne. Regarder la Place de la Concorde, ce passé qui saccroche à elle, ses vieilles histoires, ses meubles de roi Y regarder tous ces gens, perdus dans plus dété. Pour ne pas rester seuls les heures de cafard, ils sont venus parler, même si ça ne change rien, juste parce que ça fait du bien. Oublier que ce monde est trop grand pour soi et, dans une prière de petit humain, penser à lamour, lidéal, le jumeau déparié. Aller plus haut, sans vraiment comprendre encore le sens profond de ce plus haut. Avoir limpression davoir déjà tout donné et vouloir juste moins souffrir, prendre une pause, pouvoir apprivoiser la mort et ce temps assassin. Faire de la mort quelque chose de doux et du temps un bébé, comme la vie. Oh, il ne faut pas chercher là de grandes pensées, de rationalisation. Ce nétait peut-être pas grand-chose, ce quelle a dit ce matin-là. Ce nétait peut-être pas vraiment ses mots ni sa voix, mais dans cette brume, je nai vu quelle Cétait à Paris, France. En 1980. Je nai vu quelle et je nai aimé quelle.
Ya
des détails quon noublie pas
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FRANCE GALL
Paris-France
1980
Il jouait du piano
debout
Trop grand pour moi
Plus d'été
Les moments où j'aime tout le monde
La mort douce
LA CHANTEUSE QUI A TOUT DONNÉ
(COMMENTÉE)
Bébé comme la vie
Parler parler
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Ma vieille Europe