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ENZO ENZO / DEUX
ET DIRE QUE LE SOLEIL LUI-MÊME A DES ENNUIS . . .

 

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La nuit est sur la ville.

Et je suis seule.  Seule, toute seule, comme une étoile oubliée, comme un croissant de lune sans un café de nuit, comme la vie sans la mort, comme le souffle sans l’air, l’eau sans l’oxygène.

Car c’est ainsi que l’on ne m’a pas vue, comprenez-vous ?

Je ne pleurais pas et je souriais.  Il n’était pas bien difficile d’imaginer que je tricotais des fils de bonheur, d’insouciance, de petits riens, de petites gorgées de bière…  Que je passais tout mon temps à ça, tricoteuse heureuse…  Que tout ça expliquait mon teint rose et pastel.

J’ai chanté.  On m’a prise subito pour un rossignol.  Qui peut vraiment croire qu’un rossignol ne sait chanter que le bonheur ?  Même les rossignols meurent, m’entendez-vous…

Cette fille-là va bien, disait-on…   Dansons sur elle, dansons sur elle…  Allons nous reposer en son jardin, il y a là une mousse confortable…  Nous serons bien, nous dormirons bien.

Regardez-moi mieux, respirez-moi mieux.

Je ne suis rien d’autre que comme vous.

Je vais comme je vais.

J’ai ce que j’ai, quand j’ai ce que j’ai…


Dans mon jardin
Mais j'ai pas de jardin
Qu'est devant ma maison
Mais j'ai pas de maison
Il n'y a qu'une fleur
Elle est tout ce que j'ai
Cette fleur


Eh bien oui, c’est beau la vie !  C’est implacable aussi.

S’il me plaît de vous chanter le bonheur et la tranquillité, me pensez-vous assez folle pour occulter le grand blanc ?

Croyez-vous que j’oublie que ma vie de rose des vents est soumise à des fils magiques et démoniaques ?

Savez-vous qu’il m’arrive même d’être la putain quand je me voudrais sainte, et que, mieux encore, j’aime l’indécence quand le bon goût est de rigueur ?

Je m’appelle Enzo Enzo et je suis quelqu’un de bien.

Et pourtant, la tête me tourne souvent.

Ça vous effraie ?

Alors tant pis. Ou tant mieux.

Je me contrefous d’être quelqu’un de bien.

Parce que même les rossignols meurent.

Meurent d’être quelqu’un de bien tout le temps, toute cette vie dépourvue de cette mort qui rend pourtant chaque instant plus précieux.

Meurent de ce rien qui nous lie.

Meurent de ce poison-là.

Ils rient et ils meurent.

Ainsi va ma vie.

Je chante.

M’entendez-vous ?

Je chante, c’est tout.

M’écoutez-vous ?

Je chante, c’est tout.

C’est mon tout.

Mon univers, ce n’est plus le tien.

Je n’étais pas quelqu’un de si bien.

Aime-moi mieux pour ça.

 

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TROIS CHANSONS
COMMENTÉES

 

ENZO ENZO
DEUX / 1994

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Juste quelqu’un de bien
Mes malles
Les naufragés solitaires
Jour impair (pour une vieille singe)
La moitié d’une pomme
La même lune que moi
Les idées floues
Rêves de compagnie
Ce rien qui nous lie
Hou hou
Une chanson à la Cole…
Le poison

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