CHAQUE JOUR EST UN LONG CHEMIN
PRÉSOMPTION D'INNOCENCE

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

 

Le silence me pèse si je ne l'entends pas ...

Le premier éclair vient de fendre le ciel. Fidèle au rendez-vous, par delà les montagnes, l'orage arrive.

Et c'est chaque fois pareil, la revoilà, sur mes lèvres, fidèle, elle aussi. Cette chanson.

Aucun mot ne vient sur ma langue
La page est toujours aussi blanche
J'écrirai peut-être demain
Si tout va bien

J'ai perdu le son de ma voix
J'ai peur de rester seule chez moi
Mais partout les gens se piétinent
Sans cesse
Des mains me poussent me bousculent
Et je recule

Sans retenue je longe
Les sentiments qui rongent
Le temps tourne à l'orage
Dehors il fait si noir

Je r'habille ma poupée
Et je m'habille léger
Ce chat toujours dans mes pieds
Je le tuerai

J'ai renoncé à convaincre : cette petite chanson de rien, je la garde pour moi, elle n'en est que plus belle.  On me l'a trop dit et redit : «C'est Elsa...»  Deux mots, c'est tout, sans appel, qui condamnent irrémédiablement, sans entendre : tant pis pour la présomption d'innocence.  Peu importe, l'accusée est morte. 

Elsa, la petite star, n'est plus.  Que ceux qui l'imagineraient métamorphosée en étoile d'arrière-galaxie se détrompent : elle s'est muée en ciel d'orage. Simplement en ciel d'orage.

Que s'est-il passé?   Elle seule le sait, elle seule saurait et sait le laisser deviner, l'écrire, et comment!

Si chaque jour est un long chemin, celui d'Elsa a dû passer par autant d'enfers que de paradis.  C'est écrit là, rouge sur noir.  D'où viendraient sinon tous ces anges et ces démons, étrangement enlacés au fil de textes si exceptionnellement simples et complexes à la fois?

Loin, loin, hors de vue, envolée la détestable image de la petite fille qui chante, pauvre Alice aux pays des chiens savants.   À en croire qu'elle n'a jamais existé. À en perdre la mémoire, à en retrouver le bonheur.

Parle-moi d'amour Elsa, tu le fais mieux que personne, avec toi l'amour est enfin ce qu'il est, corps et âme, tendre et tendre.

Sous ma robe il faisait beau
Tu regardais en dessous
Tu étais jeune et beau
On pêchait dans la rivière
Tu disais
Que sur mes seins il faisait chaud
Tu te penchais au-dessus
Tu ouvrais grand les yeux
On se réveillait à l'aube
On prenait le bateau
Pour aller n'importe où

Ça y est, l'orage est là, mais j'ai un peu moins peur qu'autrefois, et c'est un peu grâce à toi.

Tu as raison Elsa : après les affaires de Franck, chaque jour est un long chemin et les orages, des dessins dans le ciel.  

Merci de l'avoir écrit pour moi : moi, je n'aurais jamais su.


Allons coucher ailleurs
Ici je refroidis
Je revois son corps dans la poubelle

Quand le diable se réveille
L'erreur n'est pas humaine
Des serpents se glissent dans le sommeil

Les choses sont à leur place
Et je suis dedans
Son briquet est posé sur le lit
Les affaires de Franck accrochées au mur
Je crache dessus

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 



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