CHAQUE JOUR
EST UN LONG CHEMIN
Le silence me pèse si je ne l'entends pas ... Le premier éclair vient de fendre le ciel. Fidèle au rendez-vous, par delà les montagnes, l'orage arrive.Et c'est chaque fois pareil, la revoilà, sur mes lèvres, fidèle, elle aussi. Cette chanson. Aucun mot ne
vient sur ma langue J'ai perdu le
son de ma voix Sans retenue je
longe Je r'habille ma
poupée J'ai renoncé à convaincre : cette petite chanson de rien, je la garde pour moi, elle n'en est que plus belle. On me l'a trop dit et redit : «C'est Elsa...» Deux mots, c'est tout, sans appel, qui condamnent irrémédiablement, sans entendre : tant pis pour la présomption d'innocence. Peu importe, l'accusée est morte. Elsa, la petite star, n'est plus. Que ceux qui l'imagineraient métamorphosée en étoile d'arrière-galaxie se détrompent : elle s'est muée en ciel d'orage. Simplement en ciel d'orage. Que s'est-il passé? Elle seule le sait, elle seule saurait et sait le laisser deviner, l'écrire, et comment! Si chaque jour est un long chemin, celui d'Elsa a dû passer par autant d'enfers que de paradis. C'est écrit là, rouge sur noir. D'où viendraient sinon tous ces anges et ces démons, étrangement enlacés au fil de textes si exceptionnellement simples et complexes à la fois? Loin, loin, hors de vue, envolée la détestable image de la petite fille qui chante, pauvre Alice aux pays des chiens savants. À en croire qu'elle n'a jamais existé. À en perdre la mémoire, à en retrouver le bonheur. Parle-moi d'amour Elsa, tu le fais mieux que personne, avec toi l'amour est enfin ce qu'il est, corps et âme, tendre et tendre. Sous ma robe il
faisait beau Ça y est, l'orage est là, mais j'ai un peu moins peur qu'autrefois, et c'est un peu grâce à toi. Tu as raison Elsa : après les affaires de Franck, chaque jour est un long chemin et les orages, des dessins dans le ciel. Merci de l'avoir écrit pour moi : moi, je n'aurais jamais su.
Quand le diable
se réveille Les choses sont
à leur place
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