LE DANGER

Françoise Hardy

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L'été, parfois, il fait chaud. Très chaud.

Quand la nuit tombe, lourde, quand les arbres s'agenouillent en secret, qu'ils prient sans bondieuseries leurs dieux pour que le temps tourne à l'orage, quand on entend plus rien, sinon soi-même et ses orages intérieurs, j'affronte Le Danger.

Redoutable : s'il est un album qui l'est, le voilà.

Rouge, c'est la couleur qu'a choisie la grande Françoise.

Oh, on le devine tout de suite, le mal, le temps qu'il a fallu. Il est inscrit partout, dans les photos, entre les lignes, entre les guitares qui mordent et rendent enfin à cette femme de 50 ans passés le mordant perdu dans trop de musiques saoules.

Comment vous dire le jardin dévasté, 10 heures du soir en été?

Tout tient en cette petite phrase. Le Danger est un album de nuages lourds de pluie, de douleurs contenues, d'amours infinies, fidèles par-delà l'amour: seule la musique, cette musique, pouvait les faire éclater.

Cette musique, c'est avant tout celle d'Alain Lubrano et de Rodolphe Burger, qui parent enfin la grande Françoise des diamants qu'elle mérite.

Rien, ici, n'est à jeter. Comme jamais depuis Viens (1971, quand même!), Françoise Hardy s'exprime, s'extirpe, et c'est foutument beau.

Ne pleurez plus sur les Michel, Jonasz ou Berger.

Le véritable "message personnel" de Françoise Hardy, le voilà, c'est Le Danger.

Avec le temps, va, tout revient : les rides de Françoise Hardy sont un poème, un trésor.

 

LE DANGER

LE DANGER
7243 8 416612 0
Virgin
1997

Mode d'emploi
Les madeleines
La beauté du diable
L'obscur objet
Un peu d'eau
Zéro partout
Le danger
Dix heures en été
Tout va bien
Contre-jour
Ici ou là
À sa merci
Regarde-toi

 

FRANCOPISE HARDY