


Je m'étais
pourtant juré, fin 2000, de ne pas acheter le " nouveau " Julien Clerc.
Je n'en n'étais d'ailleurs pas à ma première résolution du genre. Déjà en 80,
m'étant farci Quand je joue, j'avais juré mes grands dieux qu'on ne m'y
reprendrait plus. Hum...
Peu à peu, au
fil des ans, j'avais fini par acheter en super solde et mauvais état " le suivant
" (finalement moins atroce que Quand je joue), et même Coeur de rocker
(pour Angela EXCLUSIVEMENT). Mais pas Femmes, indiscrétions et
blasphèmes : niet. Faut pas pousser, quand même.
1985 : Les aventures à l'eau. Joli titre... tout compte fait fort bien
choisi! " On ne m'y reprendra plus ". Cette fois, c'était dit.
Voeu pieux. Dès 1989, je me suis rué sur Fais-moi une place puis sur Amours
secrètes Passions publiques, et tout fut oublié, pardonné. JC avait enfin
fini de me décevoir.... pensais-je.
Utile... passe encore, mais Julien 97 : non, là vraiment c'était trop.
Terminado bello ragazzo.
Je n'ai donc pas, fin 2000, acheté le " nouveau " Julien Clerc, ce que l'on en
disait me renforçant dans ma résolution. En vrac ? Textes faibles ou
carrément ringards, dont au premier chef ceux de Carla Bruni. Gros son
pseudo-international à la Mariah Carey, l'horreur mondialo-US absolue. Est-ce
vraiment la peine d'en rajouter? En somme : encore, une fois de plus, un album raté
du beau Julien. Cette fois de plus ne serait pas ma fois de trop.
Novembre 2001 : presque un an avait passé, j'avais tenu bon. Le pire était passé,
croyais-je.
Erreur, gravissime erreur : un soir, comme ça, pour voir, je me suis remis ce bon vieux
Numéro 7, de 75. Puis Terre de France, puis tous les autres albums
d'avant ... D'avant quoi, exactement?
D'avant que Julien Clerc ne se mette régulièrement à me décevoir. D'avant, en
somme, que quoi qu'il fasse, hormis quelques perles deci delà, de plus en plus éparses,
cela me semble dramatiquement en-deçà de sa production passée. En clair : sans
intérêt.
Mais Numéro 7... Mais Terre de France... Cette voix, ces
textes, Roda-Gil, Vallet, ces arrangements de Jean-Claude Petit puis de Bernholc, ces
musiques, ces chansons, ce tout en somme, sensible, intelligent, audacieux, beau,
touchant...
Et si... Et si... Et s'il en restait quelque chose, juste un tout petit petit
petit quelque chose... sur le " nouveau " Julien Clerc ?
Non, j'ai promis.
Décembre 2001. Super-marché. Entre les K7 vidéo et le MK2, qui détache tout
paraît-il. Allez hop Julien, dans le caddie, et à la grâce du diable.
Plage 1 - Si j'étais elle : " Comme d'hab depuis trop longtemps. Ça
démarre pas si mal, puis ça s'épaissit, puis ça s'allourdit, trop, trop, trop de tout,
beaucoup trop... et ça tourne à la xème variation sur Femmes je vous aime.
Je n'aurais jamais dû. "
Plage 2 - Encore vivant : " Ah bon? "
Plage 3 - J'oublie : " Moi aussi. "
Plage 4 - Se contenter d'ici bas : " Erratum : de si bas. "
Plage 5 - Tu t'en es allée : " Je crois que je vais y aller aussi... "
Plage 6 - On serait seuls au monde : " ... "
Plage 6 - On serait seuls au monde : " ? "
Plage 6 - On serait seuls au monde : " Est-ce dieu, diable et tous les
saints du ciel possible? Malgré cette basse inutile, cette batterie troisième âge
et ces glissandos de clochettes nouvel-âge péremptées... Vérifions : Replay.
"
Page 6 - On serait seuls au monde : " Qui, mais qui a écrit ça? Ce
n'est tout de même pas... Eh si, c'est Carla Bruni. Et Julien Clerc pour la
musique. Que lui, tout seul comme un grand, trop rare exception sur cet album. "
Que c'est beau.
Malgré tout, malgré tout tout l'en trop, malgré ce coulis sonore dont on
a cru devoir inonder le piano... que c'est... simplement : beau.
On serait
seuls au monde
On jouerait à s'aimer...
On serait rien que nous
On jouerait à l'amour
On se ferait sourire
On se jouerait des tours
On saurait contourner des orages d'ennuis
On dirait qu'on serait des amoureux transis
On dirait qu'on serait
Jamais toujours les mêmes
Jamais ceux qu'on croyait
Jamais ceux qui s'enchaînent
Jamais ceux qui se mentent
Qui se doivent des mots
Ceux pour qui ce n'est rien
De s'aimer tellement trop
On dirait qu'on serait
Comme des inventeurs
Comme des naufragés
Des noyés de douceur...
Qu'il est beau de
l'âme, Julien, quand il chante comme ça, sans en faire trop, sans pousser la note, en
calant simplement sa voix sur la mélodie. Sa mélodie.
Plage 7 : Ouille !
Plage 8 : Ouille Ouille !
Plages 9, 10, 11 : Ça part plus qu'en couilles...
Plage 12 et dernière : Rien à faire, malgré les mots (enfin, et superbes!) de Roda-Gil,
malgré une certaine sobriété dans la voix, malgré la beauté probable de la VO de
cette chanson au départ en portugais, ça suinte de partout, ça dégouline et on s'y
noie, sortez violons... tais-toi crécelle...
Allez, retour en plage 6 : On serait seuls au monde.
Seuls au monde... On se prend à rêver... Seuls un moment, ou du moins
bien accompagnés, avec un Julien Clerc qui se serait enfin retrouvé, sans tout ce
tintouin instrumento-variétal dans lequel il s'englue depuis des années ...
Sans tout cet... inutile, en somme.


JULIEN CLERC
Si j'étais elle
Arrangements : Khalil
Si j'étais elle (Carla Bruni / Julien Clerc)
Aussi vivant (Carla Bruni / Julien Clerc - Hervé
Brault)
J'oublie (Angela Denia Tarenz - Adapt. McNeil )
Se contenter d'ici bas (Carla Bruni / Julien Clerc - Hervé
Brault)
Tu t'en es allée (David McNeil / Julien Clerc - Hervé
Brault)
On serait seuls au monde (Carla Bruni / Julien Clerc)
Quelques mots en ton nom (Carla Bruni / Julien Clerc - Khalil)
Silence caresse (Laurent Chalumeau / Julien CLerc -
Khalil)
L'horizon chimérique (Jean de la Ville de Miramont / Julien
Clerc)
Désobéissante (Carla Bruni / Julien Clerc)
Va-t-en de moi (Virgilio et Homrero Esposito - Adapt.
Étienne Roda-Gil)