
Aline-Ali-Ali-Ali-Ali...Tout commence par une petite intro, Avec
l'expression de mes sentiments distingués : un remix destroy et samplé des
tubes fin sixties de Daniel Bevilacqua, triturés par d'encore étranges machines...
Jean-Michel Jarre
est à la plume, Francis Dreyfus à la réalisation, et Daniel c'est Christophe,
compositeur, arrangeur, interprète.
Au bout d'un peu
plus d'une minute, le remix s'enraie :
Aline-Ali-Ali-Ali-Ali...
(fade out).
Déjà c'est
sale. Sale comme la vie, sale comme l'amour comme on le faisait alors : sans gants
blancs translucides, si à la fraise ou à ce que tu veux soient-ils. Déjà c'est
sale, et bon : Christophe fait table rase de son passé propret, sans sueur qui pue, sans
fluides qui ne tuent pas encore, appelle-les « larmes » si tu veux.
Emporte-moi
loin d'ici
Dans la forêt de tes dix doigts
Sous la pluie de tes caresses
Mon corps comme une épave
Échouée sur ta peau banche
Se noie dans l'habitude
Je suis mort
Je revis
Contre toi
Bon Dieu mais...
qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que ce
piano à queue que des « synthétiseurs » enlacent dans l'espoir de le voir se gorger
d'encore plus de musique, sang des Hommes s'il en est ?
Bon Dieu mais...
qu'est-ce que ce texte : « Je suis mort, je revis » ?
Une résurrection
(vous n'en n'auriez donc pas l'exclusivité Seigneur), ou une naissance ?
Allez à la pièce
5, Grand Nabab, et vous pardonnerez : vous comprendrez.
Au milieu de ces
gens qui courent
Je dois courir 45 tours
Sans un tube de secours
Irais-je au bout de ce parcours
La chanson s'appelle
Mickey, le message est on ne peut plus clair : « Je ne suis pas Mickey de
Walt Disney ».
Tournez le 33, «
Dieu du ciel » ! Juste là, sous Face B, c'est écrit et ça commence. Vous
voilà en terrains pour une fois connus : entrez aux Paradis perdus.
Dans ma veste de
soie rose
Je déambule morose
Le crépuscule est grandiose
Mais peut-être
Un beau jour voudras-tu
Retrouver avec moi
Les paradis perdus ?
C'est pas une belle
question ça ?
Christophe avait 28
ans cette année-là Votre Altesse, pas même 33.
Rassurez-vous, votre
record familial est sauf, il aura fallu à Daniel-Christophe-Bevilacqua bien plus de trois
jours pour ressusciter : presque 30 ans.
En 73, il voulait
mourir, pour de bon :
Dans l'avenue
sous la pluie
Je marche droit devant
Bousculé par des gens
Que je ne connais pas
Et je me sens fatigué
À chaque pas la
nuit tombe
Sur mes cheveux collés
Dans ces phares qui éclairent
Ma guitare mouillée
Même la mort
Est trempée
Je veux partir
avant que vienne l'heure
Je quitterai ce monde qui se meurt
Je veux mourir avant longtemps
Loin de ce bruit loin de ces gens
Je n'ai pas eu le temps de vivre
Les Paradis
Perdus... l'album qui tue, mais l'est pas mort le Christophe, Votre Honneur.
L'est pas beau peut-être, mais l'est pas mort.
Oui, il semble
solido ravagé par tout ce que compte ce monde dont on vous prête, sans doute à tort, la
pater-maternité de toutes choses, même les pires, mais l'est là, l'est revenu, l'est «
back » le dit-junky en bottes croco.
Les a retrouvé ses
paradis perdus, le mec, le gonze, le type pas net ?
On ne les retrouve
jamais Votre Grâce, et vous savez bien pourquoi.
Tiens, pour changer,
écoutez donc ce vieux 33 exhumé sur CD, et invitez le diable pour la petite
séance. À l'un comme à l'autre, ça vous fera du bien d'entendre un Homme vous
confesser, divinement mais diablement sincèrement, qu'il n'est ni l'un ni l'autre de vous
deux.
Juste l'un de nous,
pauvres imbéciles condamnés à vivre nos vies en d'éternels paradis perdus.
Par notre faute?
Les Paradis
Perdus, voyez-vous Du-Plus-Haut-Des-Cieux, c'est la vie d'ici quand on rêve
d'ailleurs, c'est la lumière du soir, ce sont les yeux des chiens, c'est la musique quand
elle nous fait l'amour, ce sont ces moments sublimes et fugaces où c'est un peu... comme
si la Terre penchait, enfin tendrement, en notre faveur.
Que s'ouvrent enfin les roses
Closes
Depuis si longtemps
Là

LES PARADIS
PERDUS
Christophe
Vinyle 1973
Réédition CD 199X
Les Paradis
Perdus... Probablement l'un des albums les plus audacieux et inspirés des «
seventies » françaises. En avance sur son temps et pas que sur le sien. En
1973 : recours aux « samplings », ou échantillonnages. En 1973, un emploi «
juste » des synthétiseurs, pour ce qu'ils sont, mais surtout de l'âme, de l'âme.
Glam Rock? Glâme Rock, oui !
Des textes tantôt
lourds et sombres (Le temps de vivre), tantôt superbement incisifs (Mickey),
tantôt d'une tendresse... (Emporte-moi, Les paradis perdus). Enfin,
les musiques de Christophe, qui mettent plus qu'en lumière sonore les textes de Jean-Michel
Jarre, hélas parolier-comète, homme de mots bleus et, plus tard, de bleus au coeur :
musiques de l'avant, en échos lointains, musiques de l'après, si loin encore mais déjà
esquissées, « là ».
Rare.

Avec
l'expression de mes sentiments distingués (1:55)
(Jean-MIchel Jarre /
Christophe)
Emporte-moi (6:10)
(Jean-MIchel Jarre /
Christophe)
Mama (2:07)
(Jean-MIchel Jarre /
Christophe)
Du pain et du laurier (3:48) *
(Christophe / D.
Morrison)
Mickey (2:30)
(Jean-MIchel Jarre /
Christophe)
Les paradis perdus (7:50)
(Jean-MIchel Jarre /
Christophe)
Le temps de vivre (4:20)
(Jean-MIchel Jarre /
Christophe)
Ferber endormi (1:46)
(Jean-MIchel Jarre /
Christophe)
MUSIQUE
Christophe (Sauf *)
PAROLES
Jean-Michel Jarre (Sauf *)
ARRANGEMENTS
Christophe
RÉALISATION
Francis Dreyfus

DISCOGRAPHIE COMMENTÉE DONT :


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