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LOLITA GO HOME 1975  /   BIRKIN GAINSBOURG LABRO
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Texte : Benjamin Husson / Email : benjamin@zoomrang.com
© Zoomrang Février 2002


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Tu sais, je veux pas me prendre pour Marie-Madeleine, mais avec toutes les pierres qu’on m’a filées dans la tête, je jure que j’aurais de quoi allonger le mur de mes lamentations.

J’y peux rien, c’est comme ça.

Tout le monde pense que je me trimballe ma culotte à la main, alors que je ne fais rien que chanter des Bébé songs en tanguant des hanches, parce que j’aime bien la vie comme elle chaloupe.

Tous les gens comme il faut se retournent sur moi
Principalement les femmes, je ne sais pas pourquoi
Elles reluquent mes chaussures, mes chaussettes et ma jupe
Je les entends murmurer de drôles de mots comme pute

Lolita
Lolita go home !

OK, j’en ai planté plus d’un, de ces matous qui caressaient doux. Mais moi, les menottes, je les veux bien pour m’amuser dans le lit de doux cinglés, pas pour qu’on garde mon amour prisonnier.

Tu n’es pas le premier roman
Dont je ne veux plus tourner les pages
Mais si ça peut te consoler
Ça n’arrive pas seulement à toi

Ce que je viens de te chanter là
D’autres me l’ont dit autrefois

Oh oui, il y en a qui sont prêts à mettre le prix pour a trip to Paradise. Comment ça, la beauté ça n’a pas de prix ? Si, ça en a un, c’est très cher même ! 

Love for sale
Appetizing love for sale
Follow me and climb the stairs
I know every type of love, better far than they
Old love, new love
Every love but true love

À chaque fois, c’est passe-mi passe-moi sur un langoureux bateau, c’est seulement « moi et toi », fuck the rest of the world…

Mais c’est fou comme on est seul, même dans « toi et moi ». Ma solitude défile, même quand on fait filer mes bas. La fameuse solitude nécessaire, celle qui explique à vos pieds pourquoi ils avancent.

Et je dis solitude nécessaire pour rester courtoise. Parce que pour ne pas oublier le goût pétillant de la vie naissante, il faut crever souvent, et cette solitude-là se charge de vous flinguer en bonne et due forme : on n’a rien sans rien…

En amour, on n’a rien sans rien
Ni mon rouge pour ton noir
Ma faiblesse pour ta gloire
Ton épée, ma blessure
Ta violence, ma souillure
En amour, on n’a rien sans rien

Oh ! Tu sais, hier, je suis allée faire pipi dans un café, près de la rue de Buci. Les murs des chiottes, c’était beau comme le Louvre. Veni, vidi, Léonard de Vinci : j’ai embrassé les graffiti.

Y a des culs, y a des cuisses
Et des onomatopées
Des numéros de téléphone
« Je suce bien, je m’appelle Yvonne »
Des poèmes inachevés
«La plage est sous les pavés »
Des Baudelaire anonymes
Des trafiquants de cocaïne
Ont dessiné leur douleur :

Une flèche qui perce le cœur…

…  « I want to be fucked by you »

C’est tellement délicat, ça : « Je suce bien, je m’appelle Yvonne. » Quelqu’un qui ne sait pas dire «  je t’aime » et qui le dit autrement. Yvonne, c’est la Juliette de Roméo, façon Ava Gardner…

 

 

Mais...

C’est quoi ça ?...

C'est quoi cette musique qui m’interrompt tout le temps ?

Ils disent quoi dans le poste ?

« … Le dernier album de Jane Birkin, plus exactement du trio Birkin / Gainsbourg / Labro.
Rien que des bijoux pop, des paillettes dans un dépotoir, et du coup, tout le paysage est beau.
Une vraie réussite rythmique et poétique bien sûr, mais on pourrait dire aussi cinématographique, n’est-ce-pas Philomène ? »

Je ne sais pas ce qu’elle en pense, la Philomène du poste, mais je sais que je ne me suis jamais sentie aussi belle : je ressemble à Jane.

Légère ?

C’est ce que tout le monde dit. Je me contente d’exister. Tu trouves ça léger, toi, la vie ?

Mais on a assez parlé de moi, et je ne connais même pas ton prénom, mon doux… Tiens ! Toi, ce sera Serge ou Philippe, ça te va pas mal.

 Allez viens, there’s a small hotel over there. Mais dis-moi avant, juste avant…

What is this thing called love
This funny thing called love
Just who can solve this mystery
Why should it make a fool of me

I saw you there
On a wonderful day
You took my heart
And threw it away

That’s why I ask the Lord and Heaven above
What is this thing called love

 

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LOLITA GO HOME 1975
JANE BIRKIN / SERGE GAINSBOURG / PHILIPPE LABRO

Lolita go home (Gainsbourg / Labro)
What is this thing called love ? (Cole Porter)
Bébé Song (Gainsbourg / Labro)
Where or when (Rodgers / Hart)
Si ça peut te consoler (Gainsbourg / Labro)
Love for sale (Cole Porter)

Just you and me (Gainsbourg / Labro)
La fille aux claquettes (Gainsbourg)
Rien pour rien (Gainsbourg / Labro)
French Graffiti (Gainsbourg / Labro)
There’s a small hotel (Rodgers / Hart)

ARRANGEMENTS ET DIRECTION D'ORCHESTRE : JP SABAR

 

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