Il y a plus
merveilleux que « Il était une fois ».
(Cunégonde, ôte ton pétard ailé de mon stylo
immédiatement ! ! !)
Oui, il y a plus merveilleux : « Il était plusieurs
fois ».
Et la dernière fois, cétait il y a deux ans.
Je feuilletais un magazine.
Paf ! Bing ! Double Bing !!! :
MARIA BETHANIA
EN CONCERT
Ça aussi, je sais. Survivre à un
tremblement de terre magnitude 7 sur léchelle de Richter, maintenant, je sais.
Je nous revois encore, mes amis portugais
et moi, nous installer dans cette petite salle de la Vilette.
Nous attendions la naissance : les
violons, les guitares, le piano, les percussions dormaient encore sagement.
Les musiciens sont arrivés doucement, tout
souriants.
La salle était en prière, il y a des
évidences comme ça :
Cunégonde adore le sucre.
Les Brésiliens adorent la musique
brésilienne.
Et la salle dans laquelle nous étions
avait le même avantage que le Brésil : elle était bourrée de Brésiliens.
Les lumières ont faibli, tout le monde
frémissait comme des fleurs sous une brise.
Une voix, La voix, sest mise à
chanter depuis les coulisses.
Silence religieux, émotion plus que
palpable.
Elle apparut. Maria nous fut révélée.
Là, vous me croirez ou non, jai cru
que la Vilette allait être rayée de la carte. Une hystérie collective, une explosion de
joie plancher-plafond.

Maria a souri, a recommencé à chanter et
le silence est revenu, afin que chacun puisse savourer la moindre de paroles, la moindre
des notes.
Elle, princesse païenne aux pieds nus
ornés de bijoux, livra ce soir-là lun des plus extraordinaires spectacles auxquels
il me fut donné dassister.
Elle ne cessa dévoluer avec une
grâce rare entre les violonistes qui samusaient à jouer des percus avec leurs
instruments, les percus dont les mains caressaient le vent, les guitaristes et le pianiste
qui livraient leurs âmes à chaque note.
Elle dit Fernando Pessoa, elle chanta
longtemps, et moi qui parle portugais à peu près aussi correctement quun mouton
catalan, je compris tout. Les émotions volaient bien au-delà dune quelconque
barrière, même et surtout celle du langage.
Et quand vint le moment où elle
interpréta Mel, il ne resta plus de moi quune flaque en forme de petit
garçon de 5 ans.
Voilà
Il est, comme ça, des fées qui se
penchent sur votre berceau et ne vous quittent plus.
Elles ne font pas que vous enchanter.
Elles font de vous un instrument de
plaisir, vous offrent des cures de miel chez les abeilles.
Elles vous rappellent à la vie quand des
idées mortelles rôdent tout près, trop près de vous.
Elles vous apprennent à aimer lamour
comme il se doit, aussi puissamment quelles livrent leurs musiques.
Elles vous ouvrent les yeux sur les plus
jolies merveilles, les êtres divins
Quil sagisse dune mouche ou
de toi, mon Amour, qui est le plus beau du Monde.
Cunégonde, à ta santé !


MARIA BETHANIA
AO VIVO / DIAMANTE VERDADEIRO 1999
BMG / Double CD
CD1
1 - Senhora do vento
Norte (Alem)
Gema (Caetono Veloso)
2 - Vida (Chico Buarque)
3 - Calcida (Wisnik)Drama (Veloso)
Autopsicografia (Fernando Pessoa)
4 - O tempo e o rio (Lobo Capinam)
Texto de pessoa
O mar (Caymmi)
5 - Morena do mar (Caymmi)
Suite dos pescadores (Caymmi)
Avarando (Veloso)
6 - Dois de fevereiro (Caymmi)
Agradecer e abraçar (Calazans Geronimo)
7 - Recôncavo (Valverde Porto)
8 Luar do sertao (Da Paixao Cearense)
Azulao (Ovalle Bandeira)
9 - O trenzinho caipira (Villa-Lobos Gullar)
O trem de alagoas (poema de Ascenso Ferreira)
10 - Romaria (Teixeira)
11 - Assombraçoes (Costa de Lemos)
Senhora das tempestades (poema de Manuel Alegre)
Senhora do vento norte (Alem)
12 - As ayabas (Caetono Veloso Gilbert Gil)
Iansa (Caetono Veloso Gilbert Gil)
13 Doce misterio da vida (Ah ! Sweet mystery of love) (Herbert Ribeiro)
CD2
1 - Outra vez
(Isolda)
2 - Nao tenho medo (Edilberto)
3 - Mel (Veloso Salomao)
Encouraçado (Costa Lemos)
4 - Resposta (Maysa)
E o amor (Zeze di Camargo)
5 - Fala baixinho (Bello de Carvalho Pixinguinha)
Diamante verdadeiro (Veloso)
6 - As flores do jardim de nossa casa (R.Carlos E.Carlos)
7 - Resto de mim (Mendes Basbaum)
Olhos nos olhos (Choco Buarque de Hollanda)
Vazio (Rufino)
8 - Eu queria que voce viesse (Monte Brown)
Sonho Meu (Carvalho Lara)
9 - Marginalia II (Neto Gil)
A força que nunca seca (César da Matta)
10- Assentamento (Chico Buarque)
Carcara (Do Vale - Candido)
11 - Roda Viva (Buarque de Hollanda)
Maninha (Chico Buarque)
12 - Navio negreiro (poema de Castro Alves)
Um indio (Caetono Veloso)
13 - Vila dos adeus (mendes - Portugal)
14 - Na carreira (Lobo - Buarque)
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