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OU L'HISTOIRE DE CUNÉGONDE LA MOUCHE
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CHAPITRE III
LE COMA GLUCIDIQUE DE CUNÉGONDE

 

 

Il y a plus merveilleux que « Il était une fois ».

(Cunégonde, ôte ton pétard ailé de mon stylo immédiatement ! ! !)

Oui, il y a plus merveilleux : « Il était plusieurs fois ».

Et la dernière fois, c’était il y a deux ans.

Je feuilletais un magazine.

Paf !  Bing !  Double Bing !!! :

 

MARIA BETHANIA
EN CONCERT

 

Ça aussi, je sais. Survivre à un tremblement de terre magnitude 7 sur l’échelle de Richter, maintenant, je sais.

Je nous revois encore, mes amis portugais et moi, nous installer dans cette petite salle de la Vilette.

Nous attendions la naissance : les violons, les guitares, le piano, les percussions dormaient encore sagement.

Les musiciens sont arrivés doucement, tout souriants.

La salle était en prière, il y a des évidences comme ça :

Cunégonde adore le sucre.

Les Brésiliens adorent la musique brésilienne.

Et la salle dans laquelle nous étions avait le même avantage que le Brésil : elle était bourrée de Brésiliens.

Les lumières ont faibli, tout le monde frémissait comme des fleurs sous une brise.

Une voix, La voix, s’est mise à chanter depuis les coulisses.

Silence religieux, émotion plus que palpable.

Elle apparut. Maria nous fut révélée.

Là, vous me croirez ou non, j’ai cru que la Vilette allait être rayée de la carte. Une hystérie collective, une explosion de joie plancher-plafond.

 

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Maria a souri, a recommencé à chanter et le silence est revenu, afin que chacun puisse savourer la moindre de paroles, la moindre des notes.

Elle, princesse païenne aux pieds nus ornés de bijoux, livra ce soir-là l’un des plus extraordinaires spectacles auxquels il me fut donné d’assister.

Elle ne cessa d’évoluer avec une grâce rare entre les violonistes qui s’amusaient à jouer des percus avec leurs instruments, les percus dont les mains caressaient le vent, les guitaristes et le pianiste qui livraient leurs âmes à chaque note.

Elle dit Fernando Pessoa, elle chanta longtemps, et moi qui parle portugais à peu près aussi correctement qu’un mouton catalan, je compris tout. Les émotions volaient bien au-delà d’une quelconque barrière, même et surtout celle du langage.

Et quand vint le moment où elle interpréta Mel, il ne resta plus de moi qu’une flaque en forme de petit garçon de 5 ans.

Voilà …

Il est, comme ça, des fées qui se penchent sur votre berceau et ne vous quittent plus.

Elles ne font pas que vous enchanter.

Elles font de vous un instrument de plaisir, vous offrent des cures de miel chez les abeilles.

Elles vous rappellent à la vie quand des idées mortelles rôdent tout près, trop près de vous.

Elles vous apprennent à aimer l’amour comme il se doit, aussi puissamment qu’elles livrent leurs musiques.

Elles vous ouvrent les yeux sur les plus jolies merveilles, les êtres divins… Qu’il s’agisse d’une mouche ou de toi, mon Amour, qui est le plus beau du Monde.

Cunégonde, à ta santé !

 


ÉCRIVEZ À L'AUTEUR

 

 

MARIA BETHANIA
AO VIVO / DIAMANTE VERDADEIRO 1999
BMG / Double CD

CD1

1 - Senhora do vento Norte (Alem)
Gema (Caetono Veloso)
2 - Vida (Chico Buarque)
3 - Calcida (Wisnik)Drama (Veloso)
Autopsicografia (Fernando Pessoa)
4 - O tempo e o rio (Lobo – Capinam)
Texto de pessoa
O mar (Caymmi)
5 - Morena do mar (Caymmi)
Suite dos pescadores (Caymmi)
Avarando (Veloso)
6 - Dois de fevereiro (Caymmi)
Agradecer e abraçar (Calazans – Geronimo)
7 - Recôncavo (Valverde – Porto)
8 – Luar do sertao (Da Paixao Cearense)
Azulao (Ovalle – Bandeira)
9 - O trenzinho caipira (Villa-Lobos – Gullar)
O trem de alagoas (poema de Ascenso Ferreira)
10 - Romaria (Teixeira)
11 - Assombraçoes (Costa – de Lemos)
Senhora das tempestades (poema de Manuel Alegre)
Senhora do vento norte (Alem)
12 - As ayabas (Caetono Veloso – Gilbert Gil)
Iansa (Caetono Veloso – Gilbert Gil)
13 – Doce misterio da vida (Ah ! Sweet mystery of love) (Herbert – Ribeiro)

CD2

1 - Outra vez (Isolda)
2 - Nao tenho medo (Edilberto)
3 - Mel (Veloso – Salomao)
Encouraçado (Costa – Lemos)
4 - Resposta (Maysa)
E o amor (Zeze di Camargo)
5 - Fala baixinho (Bello de Carvalho – Pixinguinha)
Diamante verdadeiro (Veloso)
6 - As flores do jardim de nossa casa (R.Carlos – E.Carlos)
7 - Resto de mim (Mendes – Basbaum)
Olhos nos olhos (Choco Buarque de Hollanda)
Vazio (Rufino)
8 - Eu queria que voce viesse (Monte – Brown)
Sonho Meu (Carvalho – Lara)
9 - Marginalia II (Neto – Gil)
A força que nunca seca (César – da Matta)
10- Assentamento (Chico Buarque)
Carcara (Do Vale - Candido)
11 - Roda Viva (Buarque de Hollanda)
Maninha (Chico Buarque)
12 - Navio negreiro (poema de Castro Alves)
Um indio (Caetono Veloso)
13 - Vila dos adeus (mendes - Portugal)
14 - Na carreira (Lobo - Buarque)

 

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OU L'HISTOIRE DE CUNÉGONDE LA MOUCHE


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Un feuilleton en trois épisodes où il est question d’une extraordinaire chanteuse brésilienne et de l’influence qu’a pu avoir sa musique sur la vie d’un vrai malade mental, propriétaire de la mouche Cunégonde. Ces petits mots ont été écrits avec ma plus grande tendresse pour Lucia et mon Papa, sans qui je n’aurais jamais eu la chance d’être un peu Brésilien.  Cunégonde remercie tous les sucres et toutes les prunes de ce monde.


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