MICHEL BERGER / BEAUSÉJOUR

L E   B U G    D E   L ' A N   2 0 0 0

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)


 

Les années 80 seront noires : elles s'ouvrent sur un matin de printemps.

Comme un tout autre album en un tout autre temps, Beauséjour démarre en lion, sur des accords plaqués avec un bonheur évident : une bonne chanson, une bonne ligne mélodique, un bon texte, une solide rythmique, un piano qui martèle que c'est fou comme elle l'aime, c'est fou comme elle l'aime, et La groupie du pianiste défonce les charts à bon droit.  Ce sera «le» hit de Michel Berger «par» Michel Berger.

Sur Beauséjour, envolée la Starmania.   D'entrée de jeu, le propos est inverse, l'envers du décor est planté, et le «bel avenir» en prend pour son rhume.  Malgré ce qu'on aurait pu craindre, aucun texte de Luc Plamondon, pas de Monde est stone 2, et sans doute est-ce là la clé du succès de Beauséjour : Michel Berger regarde droit devant.

Y a vraiment que l'amour qui vaille la peine : celui de la musique est là, évident, de plage en plage, sur un album où l'on surfe sans écueils, comme dans l'été, comme sur l'herbe verte en godasses jaunes, comme sur un tout autre album en un tout autre temps.

Celle qui chantait n'est plus là?   Une autre a pris sa place, côté choeurs et coeur, mais surtout, Celui qui chante la remplace : sa «petite voix» semble subitement avoir trouvé son swing, son air d'aller, son énergie à elle, à lui, son harmonie en ses couleurs propres, enfin.  Tout est possible.

Attendre
Attendre
Un autre destin qui nous ressemble

Comme un nuage parasite au ciel d'azur, très haut, quelque chose, rien, presque rien, vient un instant assombrir le paysage, l'illuminer de Quelques mots d'amour.

Il manque quelqu'un près de moi

Est-ce une raison de ne pas tenter de donner le change, de ne pas répondre à la musique des oiseaux, de renoncer à se coucher sous la lune quand il fait chaud?  Il est encore temps de jouer du banjo.

Mais la voilà enfin, l'impromptue, la  petite chanson de rien en presque fin d'album, celle qu'on n'attendait pas, ou plus, et qui va tout changer.  La jeune fille des années 2000, si elle passe à l'époque curieusement inaperçue, résonne aujourd'hui tout autrement...

Vingt ans ont passé, et la jeune fille des années 2000 existe bel et bien désormais, à des millions d'exemplaires, souvent assez proches de ce qu'imaginait le beau Michel.

C'est vrai que les années 2000
Ne lui font pas la vie facile
Devant l'indifférence hostile
Elle cherche un refuge un asile
Comme l'image fragile
D'un bonheur tranquille

Il se fait tard sans crier gare, les notes et les mots filent dans une sorte de lente urgence vers la plage 11, celle qui n'existe pas, celle dont l'aiguille décolle, inévitablement, quand tout est fini.   Le petit nuage n'est plus seul, d'autres l'ont rejoint, s'amoncellent à l'horizon.

Un bonheur à elle
Elle y pense en rentrant chez elle
Il est tard elle presse le pas
Quand la nuit tombe sur la ville

Face à l'horizon 2000, combien sommes-nous à regarder les nuages s'amonceler, doucement, à les voir inexorablement dévorer «notre» dernier été, l'herbe de «notre» XXe siècle, où l'on surfait en godasses jaunes?

La jeune fille des années 2000
Attend le coeur immobile
Que dans l'horizon se faufile
L'ombre de profil
Du bonheur tranquille

Tu sais jeune fille, c'est difficile d'être un homme aussi.

 

La longue nuit commence dans ma vie
Mais de l'autre côté de mon rêve
J'entend les chorales

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

 


BEAUSÉJOUR
Michel Berger - 1980

La groupie du pianiste
Y a vraiment que l'amour qui vaille la peine
C'est pour quelqu'un
Celui qui chante
Tout est possible

Attendre
Quelques mots d'amour
Jouer du banjo
La jeune fille des années 2000
C'est difficile d'être un homme aussi

 

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