Marienbad (1) François Wertheimer est aussi l'auteur des textes de l'album Évolution, de Lydia Verkine (1975 - Barclay France 90040, non réédité en CD).
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En
deux années, dont la seconde n'est pas même encore écoulée, Barbara a déjà
publié deux de ses plus grands albums : La fleur d'amour et Amours
incestueuses. Silence? Non. Contre toute attente, une basse électrique se lève, une guitare tout aussi électrique lui saute au cou, une batterie se met à battre comme un coeur et une voix, plus belle que jamais, entre dans la danse. Oui, elle danse avec les loups, Barbara, dès ses premiers pas posés, osés, dans ces micro-sillons où poussent les fleurs d'un laboureur d'enfance bien plus qu'enfant : Wertheimer, François, lui écrit là son plus bel album. Pourtant elle écrit bien Barbara, elle écrit divinement bien, mais Wertheimer, qui malgré sa plume sublime signera relativement peu d'albums (1), écrit plus que bien : il n'écrit pas la vie, mais la crie. En fureur et douceur la vie, celle d'un enfant laboureur, de rages en désespoirs, de genoux en terre en espoirs, celle d'une Ariane rampant à contre-sens vers son essence, indescriptiblement bellement celle de ce Là-bas, où rien n'est comme ici, implacablement celle de ces hautes mers ou mères, cygnement, porphyrement, celle de ce château lourd et sombre si propice aux esprits qui habitent les ombres, et puis caninement, avec mordant, celle de cette louve condamnée à cette chienne de vie mais aventurée, une fois, une seule fois et que ce soit la bonne, au grand jour en pleine de nuit hors du champ du laboureur, échappée du labyrinthe, revenue de là-bas, rentrée des hautes mers, évadée de Marienbad, le temps d'une aubade, puis d'une autre et d'une autre encore, à cette maison, presque un jardin, qui danse au crépuscule autour d'un feu qui chante comme l'on ne croirait pas que ce fut possible. Et puis les doigts du Diable distillant les arpèges, comme un océan, un lac, avant les ouragans. Comme un grand requin bleu sommeille entre deux eaux. Comme un horizon pâle pour un soleil couchant. Comme un aigle royal survole les roseaux. Quel zoo, quel cirque que ce disque animal au plus beau sens du terme, griffé de toutes parts par les muses les plus folles? Non, ni zoo ni cirque. Simplement la vie, sans barreaux, sous les fouets de fleurs des plus amoureux des dompteurs. Les mélodies de Barbara, sublimement orchestrées par William Sheller. Les mots de Barbara, de Monique Cerf en somme, sublimement libérés par François Wertheimer. La musique. La musique. Cette musique-là, qui nous fut, nous reste et nous restera : comme un soleil.
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