Barbara - Amours incestueuses (Album commenté)

 

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BARBARA

AMOURS INCESTUEUSES

RIEN DE CE QUI PÉRIT

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ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

Noir, blanc. 

Noir, bleu nuit.

Un visage.

Un bourreau, une hache à la main, la chemise ouverte sur un enfer illusoirement sans coeur.

Une main qui va tomber.

Aller en droite ligne vers le paradis.

Allez : plus tard la ligne droite.  L'heure reste aux détours d'amour.

À l'éternel retour de ce printemps, qui avait raison et l'a toujours.

À son éternel retour, levons nos rêves, et que la lune se lève aussi : il est des nuits où l'on voit clair, envers et contre tout et tous.

Tout ce qu'ils disent tous.

En dépit des accidents, des colères.  Des regrets.

In extremis, enserrer de sa main le poignet du bourreau, la stopper dans sa course.

Ad libitum, lui dire, redire, et redire encore : « Rien que la tendresse pour toute richesse. »

Jusqu'à ce qu'il baisse les yeux.

Puis le bras.

Puis les bras, puis les armes.

Genoux en terre.

Lui tendre alors la flamme de sa propre liberté.

Le regarder se relever, relever les yeux, puis le bras, porteur d'un tout autre destin.

L'entendre, l'entendre s'avancer sur le parvis de la nuit, noire, couleur de lumière.

Et voir enfin se découper dans l'ombre, caressé par la flamme, léché par le feu, lové en la cathédrale de nos âmes, ce que l'on a de plus cher au monde : ce diamant qui nous fut donné.

Qu'éclatent les grandes orgues : il ne ternira jamais.


Mon amour mon beau mon roi
Mon enfant que j'aime
Plus tard tu le comprendras
Il faut quand on aime
Partir au plus beau je crois
Et cacher sa peine
Ceci est ma vérité
Du coeur de moi-même

 

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BARBARA
AMOURS INCESTUEUSES
Philips 1973
Rééditions CD


Amours incestueuses
(Barbara)
Le bourreau
(Étienne Roda-Gil/Barbara)
Printemps
(Paul Éluard/Barbara)
Remusat
(Barbara)
Colère
(Barbara - Seconde version)
Perlimpinpin
(Barbara)
Accident
(Catherine Lara/Barbara)
La ligne droite
(Georges Moustaki/Barbara)
Clair de nuit
(Catherine Lara/Barbara)

vide18.gif (62 octets) Entre les bassins d'absinthe au bord desquels poussa La fleur d'amour et ceux où un grand cygne noir se mourrait de glisser, un immense album se glissa.

Album de feu, éclair faussement fugace : rare lance-flamme à percer durablement la nuit.

Amours incestueuses...  Jean Musy était un immense arrangeur.  Paul Éluard un immense poète,  Étienne Roda-Gil parfois son presque égal, Catherine avait des ailes dans le dos, Georges non plus n'avait pas perdu les siennes, et Monique, Serf, n'avait d'yeux que pour les ailes.

Alors elle ouvrit les siennes.  Et les referma presque aussitôt.

Le printemps, la colère, l'accident, la ligne droite et la nuit claire y restèrent à jamais blottis, contre ce bourreau qui, fatalement, allait lui dévorer le coeur.

Ne s'échappèrent des ailes de Monique, alias Barbara, hormis quelques regrets, que deux merveilles.

Les somptueuses Amours incestueuses d'abord, le temps, essentiel, de deux chevaux se faisant l'amour : Live 1974.

Et, plus durablement, éternellement, des étoiles de perlimpinpin, qui devaient suffir à changer tant de vies.

Amours incestueuses est-il à tous égards le plus grand album de Barbara?

Presque : arrangements exceptionnels (flûte, violons, alto, cello, contrebasse, accordéons acoustique et électronique, guitares, basse, batterie, piano).  Voix mûre, à son premier zénith.  Interprétations bouleversantes de sensibilité.  Très grandes chansons.   Électricité.

Et pourtant... 

Terré au fond d'un parc lourd et sombre, le chef-d'oeuvre absolu affûtait déjà ses dents de loup, prêt à s'élancer par les allées de Marienbad...


ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

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RETOUR A BARBARA
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