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Entre
les bassins d'absinthe au bord desquels poussa La fleur d'amour et ceux où un
grand cygne noir se mourrait de glisser, un immense album se glissa. Album de feu, éclair faussement fugace : rare lance-flamme à percer durablement la nuit. Amours incestueuses... Jean Musy était un immense arrangeur. Paul Éluard un immense poète, Étienne Roda-Gil parfois son presque égal, Catherine avait des ailes dans le dos, Georges non plus n'avait pas perdu les siennes, et Monique, Serf, n'avait d'yeux que pour les ailes. Alors elle ouvrit les siennes. Et les referma presque aussitôt. Le printemps, la colère, l'accident, la ligne droite et la nuit claire y restèrent à jamais blottis, contre ce bourreau qui, fatalement, allait lui dévorer le coeur. Ne s'échappèrent des ailes de Monique, alias Barbara, hormis quelques regrets, que deux merveilles. Les somptueuses Amours incestueuses d'abord, le temps, essentiel, de deux chevaux se faisant l'amour : Live 1974. Et, plus durablement, éternellement, des étoiles de perlimpinpin, qui devaient suffir à changer tant de vies. Amours incestueuses est-il à tous égards le plus grand album de Barbara? Presque : arrangements exceptionnels (flûte, violons, alto, cello, contrebasse, accordéons acoustique et électronique, guitares, basse, batterie, piano). Voix mûre, à son premier zénith. Interprétations bouleversantes de sensibilité. Très grandes chansons. Électricité. Et pourtant... Terré au fond d'un parc lourd et sombre, le chef-d'oeuvre absolu affûtait déjà ses dents de loup, prêt à s'élancer par les allées de Marienbad... |
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