Barbara - La fleur d'amour (Album commenté)

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BARBARA

LA FLEUR D'AMOUR

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

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1970 : l'aigle noir, dans un bruissement d'ailes, prend son vol, regagne le ciel...

Cueillir en tremblant des étoiles, allumer le soleil, faire des merveilles, c'est sans espoir désormais, adieu bel et grand oiseau.

Non.

De son unique mais sublime plume, Barbara va réincarner l'oiseau.  Le parant de majuscules, elle le fera Homme : Aigle Noir.   L'Indien.  Marchant vers sa musique, dans sa musique, il va l'emporter ailleurs, entre ses ailes, ses mains.

Égaré trop tôt en un ciel trop sage, en avance au rendez-vous de la musique, l'oiseau n'était qu'un messager de ces lendemains qui ne chantent que quand l'heure vient.

Cueillir en tremblant des étoiles?   Non-sens : elles filent.  Seule une main, seules deux mains tendres mais fermes, mures, prêtes, peuvent prétendre moissonner l'azur.

Il suffira que l'oiseau puis le vain espoir de son retour s'envolent sans retour pour que tout soit enfin possible.

 

Rien ne bouge
Pas même pas le cri d'un oiseau

Rien ne bouge
Pas même pas le cri d'un oiseau

Le silence

Le silence

Et puis....

 

... Elle est revenue la source, elle a refleuri la fleur.

Aux jardins de la Saisonneraie, Aigle Noir a scalpé les rapaces.

Il n'était plus trop tard mais enfin trop tôt pour verser des larmes : qu'elles attendent à la porte, close, ouverte comme jamais.

Pour faire des poèmes on ne boit pas de l'eau, mais des baisers et des mots.

Jusqu'à plus soif.

Jusqu'à Vienne s'il le faut.

Jusqu'à ses jardins sans plus d'inutiles secrets dont les grilles, quand vient, avec la nuit, l'heure de boire enfin aux sources de l'amour, se referment sur les trop rares fleurs qui osent croire en demain.

Les églantines en sont, parfois.

 

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BARBARA
La fleur d'amour

Philips 1972
Rééditions CD

La fleur, la source et l'amour
L'Indien
La Saisonneraie
Les rapaces
La solitude (nouvelle version)
Vienne
L'absinthe
C'est trop tard
Églantine

vide18.gif (62 octets) Couronné, encensé, L'aigle noir ne fut peut-être pas l'immense album que l'on a dit.

Mises à part la pièce titre et ce bijou de sensibilité qu'est Drouot, peu d'immenses chansons sur cet album sans réelle unité ni originalité si on le compare. tout étant relatif, aux trois albums suivants de Barbara - La fleur d'amour, Amours incestueuses et La louve - trilogie 72-73 somptueuse d'audace et d'originalité, en totale rupture avec le passé, en prise directe avec un avenir teinté d'intemporalité.

Avec le recul, la pièce titre de L'aigle noir semble annoncer cette trilogie, par l'audace de ses arrangements, par l'impressionnisme de son texte hors norme, libéré.

Premier volet de la trilogie 72-73 et peut-être le plus méconnu, La fleur d'amour est pour l'essentiel un album d'une pudeur et d'une simplicité absolues.

Un album hors du temps où Barbara, en n'en reprenant sur scène pratiquement aucun titre inédit, entendait peut-être qu'il reste.

Un trésor intact.


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