
1970 : l'aigle noir, dans
un bruissement d'ailes, prend son vol, regagne le ciel...
Cueillir en tremblant des
étoiles, allumer le soleil, faire des merveilles, c'est sans espoir désormais, adieu bel
et grand oiseau.
Non.
De son unique mais sublime plume,
Barbara va réincarner l'oiseau. Le parant de majuscules, elle le fera Homme : Aigle
Noir. L'Indien. Marchant vers sa musique, dans sa musique, il va l'emporter
ailleurs, entre ses ailes, ses mains.
Égaré trop tôt en un ciel trop
sage, en avance au rendez-vous de la musique, l'oiseau n'était qu'un messager de ces
lendemains qui ne chantent que quand l'heure vient.
Cueillir en tremblant des
étoiles? Non-sens : elles filent. Seule une main, seules deux mains tendres
mais fermes, mures, prêtes, peuvent prétendre moissonner l'azur.
Il suffira que l'oiseau puis le
vain espoir de son retour s'envolent sans retour pour que tout soit enfin possible.
Rien ne bouge
Pas même pas le cri d'un oiseau
Rien ne bouge
Pas même pas le cri d'un oiseau
Le silence
Le silence
Et puis....
... Elle est revenue la source,
elle a refleuri la fleur.
Aux jardins de la Saisonneraie,
Aigle Noir a scalpé les rapaces.
Il n'était plus trop tard mais
enfin trop tôt pour verser des larmes : qu'elles attendent à la porte, close, ouverte
comme jamais.
Pour faire des poèmes on ne boit
pas de l'eau, mais des baisers et des mots.
Jusqu'à plus soif.
Jusqu'à Vienne s'il le faut.
Jusqu'à ses jardins sans plus
d'inutiles secrets dont les grilles, quand vient, avec la nuit, l'heure de boire enfin aux
sources de l'amour, se referment sur les trop rares fleurs qui osent croire en demain.
Les églantines en sont, parfois. |