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F I O N A   A P P L E   /   W H E N  T H E   P A W N   /    Q U A N D   V.

 

 

ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)


IL
était une fois...  

Jamais je n'aurais cru il y a 25 ans écrire ça oui mais voilà, eh si, c'était il y a 25 ans.

Il était une fois, donc, il y a 25 ans, une dingue de musique, 2000 étoiles rouges plantées dans les yeux, le coeur, les doigts, les veines, qui faisait de son piano, de sa voix et de ceux qui le voulaient bien ce qu'elle voulait.

C'était, précisément, en 1974.  La dingue s'appelait Véronique Sanson.

Depuis, depuis... 

Que j'ai cherché à ressentir ce frison qu'elle m'avait planté là, inamovible, inoubliable, irréparable.

J'en ai ressenti d'autres, aussi beaux, aussi grands, aussi doux et bons comme la main d'un frère sur une épaule, mais celui-là, jamais.

Jamais, ne jamais dire jamais.

Il neigeait à plein ciel sur l'Amérique du nord du Nord en ce soir d'avril 2000.

Pleasantville défilait sur l'écran cathodique, m'emportant ailleurs, bien au-delà d'il y a 25 ans, avant, et le générique de fin était là, le rêve était brisé, le message passé, mais autre chose me guettait encore dans l'ombre, prêt à bondir là, de là, de cet arrière-plan noir où défilaient des lettres minuscules, illisibles, insignifiantes, croyais-je...

Dans mes oreilles, là, tout d'un coup, Across the Universe, des Beatlles, comme jamais je ne l'avais entendue, ni comprise.   Tout autre chose.

Nothing's gonna change my world chantait une voix que je ne connaissais/reconnaissais pas mais où filaient, je les entendais, sans erreur possible, 2000 étoiles rouges, 2001.

Jamais?

Jamais je n'aurais lâché du regard l'écran de la télé.  En tout petit, tout tout petit, à la toute toute toute fin du générique, j'ai lu.

Across The Universe sang by Fiona Apple


Quelques jours plus tard, c'était moi le dingue, 2001 étoiles rouges fichées au coeur, à remuer ciel et terre pour dénicher ce trésor.  Puis à l'écouter, l'écouter, jusqu'à presque plus soif d'avant, tout en me disant  que non, mais si, mais non, mais... « si » ?

Je connaissais le premier Fiona Apple, mélange de Carole King façon Tapestry, de Suzan Vega sans l'être, x ème produit distillateur d'une Amérique persistant à faire la morte et à le rester, non je n'allais pas...

Mais « si » ?

J'ai acheté, j'ai glissé dans le lecteur le tout dernier Fiona Apple, When the pawn.

Et les étoiles rouges que j'avais au coeur se sont mises à danser au ciel de ma tête, quelque chose, que je croyais à jamais disparu, s'est remis à pulser là, entre mon avant-bras et ma main.

Je ne me suis pas ouvert les veines, elles l'étaient déjà : j'ai mis les baffles à fond, j'ai ouvert la fenêtre, il neigeait toujours mais, dans ma tête, le vent fantastique sifflait une musique que je croyais perdue.

À jamais.


ÉCRIRE À L'AUTEUR (WEB MASTER)

 

WHEN THE PAWN
Fiona Apple
Mars 2000

MUSIQUES / PAROLES / PIANO : FIONA APPLE

On the Round
To Your Love
Limp
Love Ridden
Paper Bag
A Mistake
Fast As You Can
The Way Things Are
Get Gone
I Know

 

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Avec When The Pawn, album où, derrière une voix absolument unique et magnifique, des textes simples, beaux, pas bêtes du tout, et des mélodies d'une inventivité et d'une liberté à couper le souffle, un piano d'enfer et de paradis reprend enfin toute la place qui lui revient au coeur d'arrangements d'une brillance peu commune, Fiona Apple signe, à 24 ans, un disque qui en d'autres temps, d'autres lieux, un autre univers qui plus jamais ne sera le nôtre, aurait pu s'appeler Le Maudit.

Il n'y aura même plus d'Amérique ?  Fuck !